• D'Eugène Varlin, exécuté sommairement comme tant d'autres à la fin de la semaine pendant laquelle le gouvernement de Thiers noya la Commune dans le sang, on retient d'abord la figure lumineuse de rigueur et de probité qu'il donna de lui pendant les quelques semaines qu'elle dura, notamment lorsqu'il fut en charge de ses finances.
    Maxime Du Camp, l'un des pourfendeurs les plus méprisants de la Commune, alla jusqu'à déplorer la manière dont il fut tué, à 32 ans.
    Mais auparavant, pendant les dernières années du Second empire, Eugène Varlin avait déployé une énergie extraordinaire et fait preuve de talents de rassembleur et d'organisateur rarement égalés pour amener le monde ouvrier, et d'abord celui de Paris, fait d'ouvriers des fabriques et d'artisans, à s'associer et à se fédérer.
    Lorsqu'enfin, en 1864, le délit de «coalition» est abrogé, Eugène Varlin va initier et faire vivre divers organismes d'assistance mutuelle propres aux ouvriers mais aussi un magasin d'alimentation coopératif et, sous le nom de La Marmite, une série de restaurants ouvriers coopératifs. En 1864 encore, un petit groupe d'ouvriers crée la section française de l'Association internationale des travailleurs et Eugène Varlin les rejoint. Jusqu'en 1870, il sera dans ce cadre un organisateur des plus actifs du soutien aux luttes ouvrières.
    En réponse au coup de force de Thiers, Eugène Varlin oeuvrera en première ligne pour l'établissement par le peuple de Paris de la Commune. Après les Finances, ce sont les Subsistances, puis l'Intendance qu'il est chargé de gérer. Devenu minoritaire en son sein, il n'en participera pas moins jusqu'au dernier jour à la défense de la Commune, les armes à la main.

  • Le socialisme eut son heure de gloire aux Etats-Unis entre 1885 et 1922.
    Cette histoire est connue. Ce qui l'est moins, toutefois, c'est la contribution de l'immigration française à ce mouvement politique. Des exilés de la Commune de Paris aux mineurs du nord de la France, nombreux sont les ouvriers et militants francophones qui ont poursuivi leurs luttes politiques aux Etats-Unis après y avoir élu domicile. L'historien Michel Cordillot nous rappelle dans ce livre les luttes, les espoirs et la vie quotidienne de ces socialistes français d'Amérique.
    Révolutionnaires du Nouveau Monde, c'est aussi un livre sur l'immigration. A travers l'histoire de ces drôles de Français d'Amérique, on découvre en effet toutes les difficultés, les espérances et les modalités d'acculturation au Nouveau Monde. Une expérience qui n'est pas sans rappeler celle des Canadiens français exilés en Nouvelle-Angleterre, avec lesquels ces socialistes eurent parfois maille à partir.

  • Pour tous les réformateurs sociaux du me siècle, changer la société implique de changer radicalement l'école.
    Aussi débattent-ils passionnément des problèmes de l'éducation et de la formation du citoyen. L'ouvrage rassemble un grand nombre de textes publiés entre 1830 et 1881, qui sont replacés dans leur contexte et commentés. Certains sont dus aux grandes figures de l'époque, d'autres sont peu connus, voire inconnus, extraits de brochures populaires, d'almanachs, ou encore de tracts. Parmi les noms célèbres : Louis Blanc, Cabet, Fourier, Gambetta, Godin, Victor Hugo, Gustave Lefrançais, Lissagaray, Benoît Malon, Proudhon, Raspail, Renouvier, Saint-Simon, Flora Tristan, Varlin, Paul Bert...
    Pour cette frange de la société allant de la gauche républicaine à l'extrême gauche radicale, la question scolaire trouvera son aboutissement provisoire avec les lois établissant l'école laïque, gratuite et obligatoire, que Jules Ferry fera voter entre 1879 et 1882. Mais beaucoup des problèmes soulevés à l'époque . restent néanmoins d'une actualité saisissante.

  • Au Panthéon de l'histoire sociale, la fondation en 1864 de l'Association Internationale des Travailleurs occupe une place de choix. La Première Internationale, forte de l'orientation collectiviste impulsée par Marx et Engels, serait aux origines du socialisme moderne. Elle aurait battu à plate couture les tendances fouriéristes et proudhoniennes plus libertaires, fomenté la Commune de Paris de 1871, première révolution ouvrière, pour resurgir en tirant les leçons de la défaite. Cette représentation résiste-t-elle à l'examen minutieux des faits ? Comme le montre Michel Cordillot dans cet ouvrage, fruit de trente années de recherches, la réalité de la naissance de la Première Internationale est bien plus complexe. Plus disparate dans ses composantes, à l'image de la trajectoire d'Eugène Varlin, l'Organisation Internationale des Travailleurs se greffe sur un mouvement social préexistant plus qu'elle ne joue un rôle d'avant-garde. Les débats sur la légitimité de la grève comme moyen d'action, l'agitation révolutionnaire qui précède la Commune, l'itinéraire de proscrits comme Camélinat mettent en évidence la diversité des pensées et des inspirations des membres de l'Internationale. Durant les vingt années que couvrent les travaux exposés dans ce recueil, se joue une part essentielle du sort d'un mouvement dont les prolongements vont bouleverser le XXe siècle. Loin des catéchismes visant à légitimer un scénario écrit d'avance, ce livre met en lumière l'irréductible part des hommes dans la fabrication de l'histoire.

  • 150 ans après sa fin tragique, la Commune de Paris demeure paradoxalement mondialement connue et largement méconnue à la fois. En cause les débats, enjeux de mémoire et relectures ultérieures qui en ont été faites et ont nourris les mythes et fantasmes qui l'entourent.
    Mais que fut, en réalité, la Commune de Paris ?
    Quels enjeux a-t-elle soulevé, et quelles controverses en entourent la mémoire ? Quels lieux emblématiques de la capitale a-t-elle marqué de son empreinte ? Enfin, et surtout, qui étaient celles et ceux qui y ont pris part ? Que furent leur vie, leurs engagements ?
    À l'occasion du cent-cinquantième anniversaire de cet événement emblématique, un collectif d'une trentaine de chercheurs et chercheuses a rassemblé pour la première fois, en un seul et même volume, l'ensemble des connaissances cumulées à son sujet, embrassant une grande variété de contenus (biographies, synthèses thématiques, présentations de lieux, retour sur des questions controversées).
    Très richement illustré, il constitue une entrée sans équivalent dans cette page méconnue de l'histoire sociale française et internationale.

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