• Spin-off de la série Yaxin, ce conte poétique qui s'adresse à nos âmes d'enfants perce à jour le mystère des licornes ! Une île entre rêve et réalité. Petit faune né avec le Printemps, Gabriel, vibre d'intérêt et de curiosité pour ces créatures extraordinaires que sont les licornes. « Toute chose magique ayant une origine naturelle », il se questionne... Quel mystère entoure leur naissance ? Quelle place, quelle fonction ces animaux mythiques occupent-ils dans ce monde imaginaire ? Poétique et musical, Le Jour de la licorne aborde le fantastique par un biais plus intime. Chaque page s'apparente à un 'haïku graphique' et tend à refléter un sentiment ou une idée plutôt qu'une action. Le texte, ciselé, soutient cette idée narrative et vise à réveiller certaines émotions enfouies en nous.

  • Il est urgent de se demander à quoi ressemble la mission scolaire d'instruire, d'éduquer, de socialiser, dans un monde numérisé plus chaud de 2 degrés au moins. Adaptation, entraide, solidarité, échanges de savoir-faire, coopération - les principes sont assez évidents. L'Ecole ne peut pas à court terme régler les problèmes civilisationnels que notre société traverse, elle peut en revanche préparer les adultes de demain à y faire face, puis à les résoudre. L'école, notre école, est hors-sol comme notre agriculture, hors-sujet comme notre économie, hors-champ comme notre perspective politique. Le temps est venu de la repenser.

  • Avant la nuit

    Reinaldo Arenas

    De l'enfant nu qui mange de la terre dans une vieille ferme de Holguín à l'exilé cubain qui, à quarante-sept ans, malade, se donne la mort à New York, l'existence de Reinaldo Arenas est guidée par l'anticonformisme viscéral de qui a osé prendre tous les risques.
    Vibrant témoignage sur les exactions de la dictature castriste, Avant la nuit est une oeuvre littéraire à part entière composée avec fureur et poésie. Elle est traversée de ses principaux thèmes de prédilection : une recherche éperdue de beauté, encore la lune, toujours la mer, et une sexualité débridée comme manifestation absolue de liberté et, dans son cas, de résistance.

  • En trois récits flamboyants et sulfureux, reinaldo arenas propose un voyage hallucinogène vers la face obscure d'une havane magique, défigurée par l'enfer carcéral et la désillusion.
    Qu'ils racontent les déconvenues d'un couple tragi-comique qui sublime son existence par la création de tenues excentriques, les agissements d'une furieuse nymphomane qui possède le sourire énigmatique de la joconde, ou la douleur d'un exilé revenu dans l'île aux seules fins de s'assurer qu'il n'y a pas de retour possible, ces récits ne donnent pas à déchiffrer une anecdote commune. ils unissent, par le jeu des signes, des mythes et des circonstances, des personnages contraints à réaliser un étrange parcours vers le seul lieu où se trouve leur véritable identité.

  • Ce livre propose - pour la première fois - une histoire sur la longue durée des « folies puerpérales » : les dépressions périnatales. Diagnostics aujourd'hui au centre des politiques de prévention de santé et de dispositifs biomédicaux d'accompagnement à la maternité, ils prennent au regard de l'histoire une dimension critique, relevant à quel point on a naturalisé la parentalité. À partir d'une perspective de genre ce livre comble une lacune historiographique et offre des éléments d'analyse importants pour sortir la maternité d'une histoire positive. Il sera de grande utilité non seulement pour les historiens et historiennes de la santé mais aussi pour les professionnels et les nouveaux parents.

  • La situation de la psychiatrie, en crise aujourd'hui, faute de moyens, faute d'anticipation du manque de psychiatres annoncé, des nouvelles demandes, des changements sociétaux est préoccupante. La psychiatrie contrainte aux injonctions économiques, aux évolutions gestionnaires voit son offre de soins se rétrécir. Dans ce contexte, il est important d'affirmer notre identité, notre originalité : la psychiatrie est une discipline médicale aux pratiques plurielles. Les problèmes actuels ne doivent pas faire oublier ses avancées thérapeutiques considérables, depuis les années 60-70, ni jeter à nouveau, un discrédit sur les patients, ni renforcer les stigmatisations liées à cette discipline.
    Alors que le système organisationnel semble s'asphyxier, que les équipes sont épuisées nous souhaitons témoigner, aussi, des progrès réalisés dans l'approche et le traitement de la maladie mentale, du dynamisme des équipes depuis la création des secteurs surtout sur un département connaissant un haut niveau de précarité, le 93.
    Ces soignants ont fait preuve d'initiative, d'innovation dans tous les domaines de la prise en charge des patients. Cet ouvrage est la récolte de tous les récits de ces professionnels qui sont venus communiquer aux journées organisées par l'association RIVE de l'EPS de Ville Evrard.
    Se réunir tous les ans, autour d'un thème actuel, tel a été notre démarche. Psychiatres, psychologues infirmiers, assistant sociaux,... travaillant en psychiatrie ainsi que des usagers, des familles ont apporté leurs points de vue clinique et thérapeutique sur des sujets contemporains : le corps, la violence, les malades difficiles, les malades dange-reux, le secret, la migration et l'exil, la place de la parole en psychiatrie, le recours au sacré, l'homme et l'animal... Ces journées de rencontres institutionnelles ont été l'occasion d'élargir le champ de notre réflexion en y invitant sociologues, philosophes, historiens, chercheurs pour enrichir notre propos.

  • La plantation

    Arenas-R

    Cuba, 1970. Une plantation sucrière. De jeunes « conscrits » coupent sous la contrainte la canne dans les champs et en extraient le jus brun. Dans des conditions harassantes, ils tentent de remplir les objectifs de pro­duction décrétés par le Grand Cacique. Depuis des siècles, le morceau de cristal blanc a été raffiné au prix d'humiliations et d'oppressions.


    « Mais moi

    Je vois un continent d'Indiens esclaves affamés qui crèvent dans les mines ou au fond de la mer.

    Je vois trois millions de nègres esclaves affamés qui couchent les champs de canne à sucre aux pieds de leur maître.

    Je vois une armée d'adolescents esclaves affamés qui griffent la terre.

    Que voulais-tu que je te dise ? De quoi veux-tu que je te parleoe

    De quoi puis-je te parler, dis-moi de quoi d'autre puis-je te parler sans mériter qu'on m'arrache la langue pour trahison ? »


    Reinaldo Arenas a composé son chant de révolte « là où fleurit l'effroi », au camp de « Manuel Sanguily », à Pinar del Rio.


    Traduction de l'espagnol (Cuba) par Aline Schulman

  • La psychiatrie française a connu une avancée considérable depuis ces 50 dernières années. La politique de secteur détruisant l'ancien asile a eu pour effet la proposition de structures alternatives à l'hospitalisation, l'explosion de pratiques de soins pour les patients évoluant au plus près de la vie ordinaire.
    Aujourd'hui, patients et professionnels de soins évoluent dans un milieu social et culturel qui s'est considérablement modifié. nouvelles compositions de la famille, itinéraires de vie faits de ruptures, de discontinuité, crises, souffrances au travail , tiraillements identitaires face aux migrants, toutes ces données actuelles fragilisent et font émerger de nouveaux besoins . La psychiatrie doit faire face à de nouvelles demandes amenant d'autres plaintes, d'autres doléances, d'autres expressions de la souffrance psychique.
    Les problèmes posés par le vieillissement de la population, les distorsions dues au jeunisme ambiant, la recherche de l'immortalité plus que de la croyance, ont provoqué eux aussi, illusions et désenchantement.
    Donner la parole aux équipes de terrain, pour tenter de répondre à ces questions, témoigner de la diversité des regards, partager nos réflexions de professionnels de la santé mentale, valoriser les pratiques et la créativité des approches face la douleur psychique tels sont les enjeux de l'association RIVE. A l'EPS de ville Evrard, depuis 15 ans, cette association, pendant deux journées d'étude, ouvre le débat sur ces questions, dans un but de transmission et d'appropriation d'expériences inédites et contemporaines.
    La psychiatrie est une discipline à la croisée de plusieurs sciences humaines et de plusieurs savoir-faire. Des psychanalystes, des psychiatres, des philosophes mais aussi des historiens, des juristes, des soignants ont été sollicités par cette association pour s'interroger sur ces questions. Nous en livrons ici quelques contenus.

  • Que reste-t-il de l'élément philosophique, après avoir supprimé les théories et les opinions ? Il ne reste que le nu, qu'il faut examiner avec les moyens les plus efficaces : le songe et l'intuition. Ce livre expose la philosophie de Leonardo Vittorio Arena, sa tentative d'absorber le nihilisme par une nouvelle construction.

  • Je suis en ce moment en france, à saint-nazaire.
    Je voudrais seulement demander à ce ciel resplendissant, à cet océan qu'il m'est donné de contempler pour quelques jours encore, d'abriter ma terreur.

  • La couleur de l'été

    Arenas-R

    " ceci est l'histoire d'une île dominée par un tyran absolu nommé fifo.
    Ce tyran était au pouvoir depuis quarante ans et, naturellement, il exerçait un contrôle total sur tous les habitants de l'île. les gens mouraient de faim mais il leur fallait sans cesse louer l'abondance dans laquelle ils vivaient grâce aux techniques de production instaurées par le tyran. les gens ne pouvaient ni quitter l'île, ni adresser la moindre critique au tyran ; bien plus, il leur fallait entonner jour et nuit des hymnes à la merveilleuse liberté et à l'avenir lumineux que leur avait octroyés le tyran [...].
    Le rêve de toute la population n'était plus que l'île devint libre, c'était de réussir à s'évader de cette île qui était une prison parfaite. mais comment s'évader d'une prison parfaite ? par air, impossible ; [...] l'évasion par voie de terre était écartée, puisqu'on vivait sur une île. restait la mer et certes, au début, bien des gens s'étaient enfuis sur un canot, une chambre à air, deux bouts de bois flottants et même une énorme cuvette.
    Mais le tyran tripla les services des garde-côtes [...]. le désespoir était tel que les gens résolurent de s'enfuir avec l'île entière. une fois que l'île aurait changé de place, elle accosterait sur un continent quelconque, sur une terre ferme et libre. alors ils décidèrent tacitement de ronger la plate-forme insulaire jusqu'à la séparer de sa base et une fois sur l'île à la dérive, de confier leur sort aux vagues et au vent...
    " la havane, été 1999. le dictateur célèbre les cinquante années de son pouvoir. c'est carnaval. portrait implacable d'une tyrannie vieillissante et du désespoir du peuple, la couleur de l'été est à la fois roman politique et roman érotique, une oeuvre irrévérencieuse et sarcastique.

  • Du 1er. décembre 1967 au 2 décembre 1990 - et donc cinq jours avant de se donner la mort à New York Reinaldo Arenas écrit à Margarita et Jorge Camacho. Pendant près d'un quart de siècle, les Camacho auront été, au-delà du constant soutien financier, des amis soucieux d'alléger les souffrances de l'écrivain, d'inestimables ambassadeurs travaillant sans relâche à la reconnaissance de son oeuvre, et une fenêtre perpétuellement ouverte sur le monde quand il passait des geôles castristes à l'exil intérieur.

  • Arturo, le fils de la Vieille Rosa, est arrêté par des miliciens à la sortie d'un concert à cause de la longueur de ses cheveux...
    Celui qui porte le nom de l'étoile du soir, la plus brillante dans le ciel, est envoyé sur-le-champ dans un camp de travail pour homosexuels. Aux journées harassantes passées sous le soleil à couper la canne à sucre succèdent des nuits tapageuses : les prisonniers travestis se donnent un " Grand Show ", parfois suivi d'ébats dans le maquis avec leurs gardes. Contre son gré, Arturo devient l'étoile des " Folles Captives ".
    Comme les autres cherchent à l'enfermer dans un carcan de vulgarité, d'imbécillité et de brutalité, il s'évade en écrivant sur des bouts de papiers et s'inventant un monde euphorique : un univers magnifique hérissé de châteaux baroques et peuplé d'éléphants royaux. Car, selon Reinaldo Arenas - qui dédia ce monologue halluciné à l'écrivain Nelson Rodriguez Leyva, interné de 1965 à 1968 dans un camp de concentration pour homosexuels -, l'imaginaire est le dernier refuge de la dignité.

  • Et toutes les voix qui étaient accourues à un certain moment pour nous intimer l'ordre de chanter, de continuer, perdent leurs accents désespérés, et tous les sons se résument désormais au pas de quelqu'un qui vient, plein d'assurance, certifier notre mort. Il approche. L'immense palais s'évanouit devant un hystérique roulement de cils. II approche. Les innombrables angoisses sont levées devant l'étendue fixe où il se précipite déjà. (...) L'homme arrive. Et le pur, le pauvre, le héros n'est plus dès lors qu'un détritus qui a gardé l'empreinte de ceux qui l'ont piétiné. »


    Dans cette campagne cubaine écrasée par le soleil, la misère noire et une dictature qui vit ses derniers moments, on ne peut qu'espérer devenir fou, ou mourir et rejoindre le « palais des très blanches mouffettes ». Mais existe-t-il vraiment un hâvre de paix pour les damnés de cette terre oe


    Le Palais des très blanches mouffettes est le second volet d'une pentagonie qui compte les romans : Célestino avant l'aube, Encore une Ibis la mer, La Couleur de l'été et L'Assaut.


    Traduction de l'espagnol (Cuba) et postface par Didier Coste

  • Le code de la santé publique détermine les devoirs des chirurgiens-dentistes en matière de prise en charge de lurgence et il est du devoir de tout chirurgien-dentiste de prêter son concours aux mesures prises en vue dassurer la permanence des soins et la protection de la santé. Sa participation au service de garde est obligatoire ». Mais la prise en charge de l'urgence nécessite une approche clinique méthodique et des connaissances particulières qui sont développées dans cet ouvrage.
    Ainsi deux types d'urgences sont présentées : celles où le patient appelle le cabinet et celles qui apparaissent lors d'une séance de soins et qui sont les plus graves puisquelles engagent le pronostic vital.
    Cet ouvrage permet donc au chirurgien-dentiste d'être en mesure de traiter les urgences traumatiques, hémorragiques, infectiologiques, la douleur et les troubles de l'articulation temporo-mandibulaire mais également connaître les bons gestes et les procédures à suivre lors d'accident lors des soins sur un patient particulier (AVC, allergie, crise d'épilepsie, ...).
    Rédigé par une équipe d'urgentistes en odontologie cet ouvrage est présenté sous forme de fiches dans lesquelles le lecteur pourra, surtout en situation d'urgence, aller directement à l'information vitale pour son patient.

  • Qu'il s'agisse de compléter une lumière ambiante trop faible pour opérer en instantané, d'améliorer la qualité de l'éclairage naturel ou encore de répondre à des besoins artistiques, l'utilisation d'un flash reste assez complexe à appréhender pour de nombreux photographes.
    Dans ce manuel de référence, le photographe américain Syl Arena dresse un tour d'horizon exhaustif de toutes les techniques nécessaires pour réussir ses clichés à l'aide d'un ou plusieurs flashs Speedlite de Canon. Après une introduction complète sur la lumière et la couleur, il présente en détail toute la gamme des flashs Speedlite, ainsi que leurs accessoires, puis explique comment travailler son éclairage (fixation, matériel, plans d'éclairage) pour "ciseler" la lumière à l'aide d'un ou plusieurs Speedlite, en illustrant ses propos par de nombreuses séances photo.
    Que vous pratiquiez la photo de portrait, de reportage ou la photographie de studio, la lecture de cette véritable bible, richement illustrée, vous aidera à maîtriser toutes les facettes de l'éclairage au flash.
    Photographe professionnel, expert en flashs Canon Speedlite, Syl Arena travaille pour différents journaux, magazines et catalogues. Photographe et formateur en photo numérique, auteur et traducteur de nombreux ouvrages photo.

  • Lumière ; pratique photo

    Syl Arena

    • Eyrolles
    • 24 Octobre 2013

    La maîtrise de la lumière est fondamentale en photographie. Au même titre que la composition, elle intervient dans le processus de création de toute image. Il est non seulement essentiel de savoir apprécier la lumière à sa disposition, mais il faut également apprendre à la travailler pour obtenir un rendu conforme à ses intentions. Dans ce guide pratique illustré, l'auteur et photographe Syl Arena en présente les caractéristiques principales dans le but de vous aider à la percevoir (direction, intensité, couleur, contraste et dureté), avant de vous initier aux réglages de l'appareil influant sur son contrôle.

    Il aborde ensuite différentes situations de prise de vue en lumière naturelle puis en lumière artificielle. Il vous explique alors comment tirer parti des conditions environnantes et quel matériel utiliser pour modeler l'éclairage (flash intégré, flash d'appoint, réflecteur, filtre...).

    Suivez les conseils délivrés dans ce guide pratique illustré.


    Apprenez à "lire" la lumière et les ombres.

    Façonnez-les en vous familiarisant avec les réglages de l'appareil photo et les accessoires prévus à cet effet.

    Découvrez les techniques et astuces pour réaliser de magnifiques portraits, en plein air ou à l'intérieur.

    Installez un mini-studio pour vos photos d'objets.

    Mettez en pratique les nombreux conseils de l'auteur et assimilez les notions abordées au fil de l'ouvrage grâce aux exercices présentés à la fin de chaque chapitre.

  • L'assaut

    Arenas-R

    Pour ce dernier et implacable Assaut contre la dictature cubaine, Reinaldo Arenas fait de ses personnages des animaux armés de "criffes" et ignorant le langage articulé. Tour à tour victimes et bourreaux, ils sont surveillés par une armada de Contre-Chuchoteurs au service du Réprimeurissime. Quant au héros, il s'acharne à retrouver sa mère, qui est aussi le tyran, afin de la trucider.

    Dans la lignée de Kafka et d'Orwell, Arenas, à sa manière grinçante, corrosive, toujours désopilante, va plus loin encore dans la dénonciation des régimes totalitaires. Mais sous le sarcasme burlesque affleure une immense compassion. Et l'homme finit par vaincre la bête immonde...



    Né à Holguin (Cuba) en 1943 dans une famille de paysans pauvres, Reinaldo Arenas, romancier, nouvelliste, poète, s'est suicidé en décembre 1990 à New York.
    Son oeuvre littéraire hors normes, sa vie d'homosexuel déclaré, avaient valu à ce dangereux "contre-révolutionnaire" d'être traqué, emprisonné, interdit de publication dans son pays d'où il avait réussi à s'enfuir en 1980.

    Traduit de l'espagnol (Cuba) par Liliane Hasson.

  • Reinaldo arenas s'en prend aux icônes de la cubanité dans ce décoiffant "remake" de cecilia valdés.
    Parodiant sans vergogne le roman antiesclavagiste de cirilo villaverde paru en 1882, et la sensuelle et provocante mulâtresse qui en est l'héroïne, il transgresse joyeusement un véritable mythe littéraire cubain pour donner à entendre la sourde plainte des "sans-grade" face à la discrimination et à la violence des classes dominantes. autre époque, mêmes lieux ; seule la terminologie change. ce xixe siècle carnavalesque qui gronde de débauche et de fureur fait pendant à un monde moderne qui compte aussi ses maîtres et ses esclaves et réserve toujours le même sort à ses voix divergentes.

  • « J'aime bien me promener la nuit quand il n'y a personne pour me voir. Oui. Ça me plaît parce que je peux marcher à cloche-pied. Prendre mes aises à la cime d'un arbre et danser dessus, et faire des cabrioles. Et trente-six singeries, toutes différentes. Me rouler par terre et me remettre à courir, avant de me perdre dans le brouillard et entre les branches des hijillos qui restent encore debout. J'aime être tout seul et me mettre à chanter. Celestino s'est approché de moi et m'a demandé une gorgée d'eau. «Où la prendre ? Où ?» lui dis-je, et je lui montre mes mains vides. Mais, en vérité, c'est que j'ai très mauvaise mémoire et que je n'arrive jamais à bien apprendre une chanson. Mais ça n'a pas d'importance : j'en invente. Je préfère presque les inventer plutôt que de les apprendre par coeur.
    Ça y est, je suis en train d'en inventer une. » Celestino, le cousin du narrateur, s'est mis à écrire des poésies. Comme un fou, il écrit sans arrêt, partout, même sur les feuilles des arbres, même sous l'orage. Incompris par les membres de sa famille, il s'entête malgré leurs cris et leurs menaces. Il ne sait rien faire que rêver et pleurer. Petit paysan cubain, il se dresse contre un monde qui essaie de le foudroyer. Voué à la douleur, à la mort - de faim, de tristesse, de solitude -, il transfigure le réel avec magie pour la défense de la liberté et de l'imagination.
    Celestino avant l'aube, publié à Cuba en 1967, constitue le premier volet d'une pentagonie, qui compte les romans : Le Palais des très blanches mouffettes, Encore une fois la mer, La Couleur de l'été et L'Assaut.

    Reinaldo Arenas (1943-1990) est un romancier et poète cubain exceptionnel. Son oeuvre littéraire hors normes ainsi que son homosexualité affirmée lui valurent d'être considéré comme un dangereux « contre-révolutionnaire », traqué, condamné et emprisonné par le régime de Fidel Castro.

    Traduit de l'espagnol (Cuba) et postfacé par Didier Coste

  • Une série de petits contes relatant loeentrée des rebelles à Holguin (à laquelle Arenas participa) ainsi que les événements qui se sont déroulés à loeambassade du Pérou à La Havane en 1980 (10.000 personnes ont défié le gouvernement en trouvant asile auprès du siège de ce consulat), ce qui toucha loeauteur de près : son ami, Lázaro Gómez, à qui il dédie ce texte, réussit à atteindre les environs de loeambassade.


    Une fresque de cette époque sombre à Cuba à travers deux séquences croisées (début et la fin du défilé) de la main doeun homme bâillonné et prudent?

  • Témoignage exceptionnel d'un franc-tireur sur la Guerre de Provence de 1536, la Meygra Entrepriza est écrite en macaronique, savant mélange d'occitan, de français et d'italien latinisés. Avec la verve d'un méridional et la truculence d'un poète goliard, Antonius Arena y raconte l'entrée des Impériaux en Provence, leurs déboires devant la résistance que leur oppose le petit peuple, la détresse des lansquenets réduits à chercher leur nourriture, la frustration de Charles Quint face à un ennemi qui se dérobe sans cesse et le prive de la bataille dont il aurait pu tirer gloire et profit. Dans un registre tantôt épique, tantôt ironique, l'auteur poursuit avec la plume ce qu'il n'a pu achever avec le glaive : entre conte et règlement de comptes, cette oeuvre en distiques élégiaques est aussi bien une revanche sur l'arrogance des puissants qu'un acte d'allégeance à François 1er.

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