• Créé à la fin 1940 par l'Intelligence Service britannique, Jade est l'un des rares réseaux de résistance à n'avoir pas fait jusqu'à présent l'objet d'une étude systématique. Exclusivement déployé en France, il a pourtant maintenu son activité jusqu'à la capitulation de l'Allemagne. La liste de ses succès est impressionnante, de l'infiltration du service d'espionnage allemand à la transmission à l'IS de renseignements sur les plus importants dispositifs militaires de l'ennemi. Et le prix payé a été lourd en victimes, tant hommes que femmes - internés, fusillés, déportés, pendus à Buchenwald.
    Parmi les renseignements transmis à Londres, plusieurs étaient d'une importance stratégique considérable, y compris au moment où l'état-major des forces alliées après le débarquement en Normandie choisit de lancer le général Leclerc à l'assaut de Paris. Le réseau disposa d'une équipe chargée d'organiser l'atterrissage nocturne d'avions légers de la RAF afin d'assurer clandestinement le transport vers l'Angleterre de certaines personnalités éminentes de la Résistance française.
    Le présent ouvrage est l'aboutissement d'une enquête menée depuis les années 1990 auprès d'anciens membres du réseau et du dépouillement de plusieurs dépôts d'archives en France, Angleterre et Allemagne.

  • De tous les rites maçonniques, le plus pratiqué dans le monde se qualifie d'Écossais Ancien et Accepté, en abrégé : REAA.
    Son avantage est d'apparaître aux États-Unis au début du dix-neuvième siècle et de s'y propager vite, en ayant dans le même temps des prosélytes en Europe, notamment en France. Est-il pour autant le mieux connu ? Cela n'est pas sûr. Autant la réponse doit être affirmative quand on s'interroge sur la réalité vécue de nos jours par ceux qui y adhèrent, autant elle doit être mesurée quand la question porte sur le passé, sur les conditions dans lesquelles ce rite s'est construit.
    Ce livre centre l'enquête sur Étienne Morin, personnage majeur de l'histoire de la franc-maçonnerie afin de clarifier le mouvement d'ensemble dans lequel il est embarqué. Sans chercher en rien à juger le REAA, encore moins à délivrer un quelconque label d'orthodoxie aux adeptes d'aujourd'hui, il tente de clarifier des chronologies, de retracer le circuit de certaines affinités intellectuelles, de rappeler en somme que n'importe quelle histoire de la franc-maçonnerie est condamnée aux stériles écholalies quand elle ne prend pas en compte l'ambiance socioculturelle qui conditionne le fonctionnement des loges et les choix de leurs membres.

  • La franc-maçonnerie, société initiatique, est aussi un réseau, et cela dès son origine.
    Après son introduction en france, elle se répand très vite dans les cercles mondains de l'élite. pour la haute société (la jet set de l'époque), il est de bon ton " d'en être ". bien que les principes maçonniques recommandent plutôt qu'on reste éloigné des agitations sociales, ce sont les mondanités en apparence futiles - salons littéraires, bals, jeux, ordres de société et clubs, dont ces élites sont friandes - qui servent d'antichambre à l'initiation.
    C'est ainsi qu'un immense réseau se forme à travers l'europe, réunissant diplomates, nobles et grands bourgeois. un réseau qui ne manque pas d'audace, puisque des femmes seront faites maçonnes dès les années 1730. avec cet ouvrage érudit, l'historien andré kervella nous emmène dans les coulisses de ce xviiie siècle mondain, oú l'on croise les frères de louis xvi, les princes de rohan et même voltaire, qui " maçonnait " déjà en champagne bien avant d'être admis à la loge des neuf soeurs.
    Pourvu de nombreuses notes et références, l'ouvrage s'adresse aussi bien à ceux qui s'intéressent aux débuts de la franc-maçonnerie française qu'au grand public, qui y découvrira un des aspects trop méconnus de ce siècle des lumières.

  • Il existe aujourd'hui une franc-maçonnerie templière, nul ne peut le nier.
    Le vocabulaire en témoigne ; des grades, des rites ou des protocoles sont déclarés templiers. Mais si cette présence de la thématique templière au sein de la fraternité maçonnique est incontestable, elle doit s'expliquer. A travers l'étude de textes souvent inédits et avec la même rigueur historique que pour ses précédents livres, André Kervella tente, dans cet ouvrage érudit, d'apporter des réponses à cette question.
    En précisant les dates, décrivant les milieux et cernant les personnages, il démonte les théories rocambolesques, met fin aux préjugés et nous permet de mieux comprendre cette période mouvementée de l'histoire maçonnique.

  • Peut-on, en même temps, être ecclésiastique prêchant l'amour du prochain et général menant une armée au carnage des batailles ?
    Peut-on briguer l'Académie française avec l'idée de ne jamais la fréquenter ?
    Peut-on souhaiter l'égalité entre les hommes et se revendiquer d'une élite ?
    Peut-on se vouloir fils des lumières et cultiver la pénombre des huis-clos ?
    Certains hommes aiment le paradoxe, en font un style de vie.
    Ils sont rares. Rien ne dit que le comte de Clermont l'ait volontairement recherché. Ne s'est-il pas simplement laissé porter par sa nature, son milieu ? Issu de sang royal, il vit dans un siècle où la fortune et la proximité du pouvoir confèrent une grande impunité et autorisent alors les outrances. Mais d'autres sont comme lui, de même naissance, de même lignage, et ils sont plus calmes, plus cohérents, du moins en apparence.
    Un signe ne trompe pas.
    Jusqu'à présent, Clermont a rebuté tous les historiens. Pas un livre sur lui dans les bibliothèques, à l'exception d'une étude de Jules Cousin qui avoue modestement s'être limité à une « mosaïque biographique ». Même les francs-maçons, dont il fut le grand maître pendant vingt-huit années, de 1743 à 1771, hésitent à publier des notices conséquentes dans leurs dictionnaires ou encyclopédies. Le personnage est embarrassant, voire encombrant.
    Dans la galerie des portraits, il occupe un espace qu'on voudrait libérer pour un autre.

  • Les francs-maçons se querellent sur l'obligation de croire ou de ne pas croire en Dieu pour être reconnus orthodoxes. Un athée peut-il pratiquer l'entraide fraternelle envers un croyant, et réciproquement ? Les réponses sont contradictoires, et aucune ne peut prétendre être définitive.
    En s'interdisant une position dogmatique, André Kervella observe que, depuis leur apparition au dix-septième siècle, les francs-maçons ne se sont pas donné la même image de Dieu et n'ont donc pas conçu de la même façon leur rapport à la religion.
    Il invite à reprendre en main les écritures bibliques et les principales interprétations qui en ont été données, afin de replacer le travail des loges maçonniques dans le contexte historique et philosophique de son évolution jusqu'à notre époque. Dès lors, comment affronter l'avenir ?
    D'où, sur la fin, la question cruciale de la laïcité et du combat à mener contre les intégrismes et fondamentalismes liberticides et mortifères.

  • " Naguère, des auteurs clamaient que les découvertes en histoire maçonnique ne seraient plus révolutionnaires.
    Ils prétendaient qu'à l'aube du XXIe siècle l'essentiel était enfin dit, que nous n'apprendrions pas grand-chose de neuf, que les oeuvres à venir ne seraient jamais que des affinements ou des paraphrases d'études déjà écrites. Comme s'ils avaient eux-mêmes balisé le territoire, comme s'ils en avaient dressé le cadastre définitif, charge aux héritiers de marcher sur leurs brisées, l'encensoir à la main.
    " Et pourtant, en présentant une étude minutieuse des conditions dans lesquelles sont apparues les premières loges maçonniques en France dans la première moitié du XVIIIe siècle, André Kervella fournit une réponse définitive aux questions longtemps controversées des apports extérieurs. Ce ne sont pas les Anglais qui ont exercé une influence déterminante sur les persécuteurs continentaux, mais les Écossais, qui ont conservé leur fidélité à la dynastie des Stuarts, après l'exil de Jacques II à Saint-Germain-en-Laye.
    Peu soucieux de conformisme, ne s'inclinant que devant les faits, André Kervella adopte une double démarche d'historien et de sociologue. Il propose de dissiper une fois pour toutes le brouillard des légendes et des contrevérités.

  • Ramsay eut sur la franc-maçonnerie française du début du XVIII` siècle une influence inimaginable aujourd'hui. Il était bien plus connu et lu en France que le pasteur James Anderson, signataire, outre-Manche, des Constitutions, recueil de prescriptions fondamental pour les maçons d'obédience anglaise. Ramsay, lui, fut, en 1736 et 1737, l'auteur de discours magistraux, toujours lisibles, qui firent date et eurent eux-mêmes une histoire rocambolesque. Né en Ecosse, il vient en France où il se convertit au catholicisme. Il restera fidèle aux Stuarts, bien que le trône du Royaume-Uni soit occupé par les Hanovres, mais voyage en Angleterre et y est reçu en loge. Alors que ses ennemis lui attribuent un père boulanger, le Régent de France le fait chevalier et le Prétendant Stuart lui décerne un certificat de noblesse. Il peut alors épouser une aristocrate et faire bonne figure dans la gentry britannique comme dans la hiérarchie maçonnique française, hautement intriquées. Que reste-t-il de lui, trois siècles après ? Sur le plan profane, une oeuvre littéraire où se décèle l'influence de Fénelon, dont il fut le secrétaire et l'héritier spirituel. Sur le plan maçonnique, les fameux discours, émaillés de phrases fortes très " siècle des Lumières ", où il affirme que la franc-maçonnerie se relie aux Croisés et aux Templiers. Ce serait l'acte de naissance des hauts grades maçonniques. Entre ces deux types d'ouvrages, un lien ténu existe, qui mérite analyse.

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