Pu De Paris Ouest

  • Le mot politique est sans doute le plus excitant de la scène culturelle qui est la nôtre.Par sa faute ou grâce à lui les amitiés les plus anciennes et les plus profondes se brisent, les espoirs les plus absolus se maintiennent, et l'exigence du dévouement reste en mémoire.Par la vertu du politique le monde ne cesse de trembler, au bord d'un basculement pensé comme essentiel.Mais comprenons nous cette importance extrême du politique pour nous? Et comprenons nous même, plus simplement, de quoi il retourne dans le politique?Ce livre explore la signification du politique pour nous. Il essaie de formuler les principales manières de comprendre le politique et l'horizon dessiné par lui. L'ouvrage parcourt ainsi la série de quelques versions du politique.Il tente aussi de faire échec à la croyance que le politique est par lui-même la clef et la solution, en promouvant plutôt la figure du difficile politique. Il est à notre charge de rédimer ce monde, mais ce n'est pas une bonne nouvelle pour nous!

  • Que signifie « habiter » chez Le Corbusier? Comment l'architecte a-t-il répondu à cette question? Et de quelle façon a-t-il souhaité le faire savoir à ses contemporains? Par son architecture et son urbanisme, soit. Mais tout autant par des livres, nombreux, souvent illustrés de photographies et de dessins. Plus concrètement: quelles formes architecturales et urbaines originales a inventé cet architecte? Quel modèle esthétique spécifique (standard, série, plan libre...) Le Corbusier a-t-il suscité et mis en oeuvre face à ce besoin vital des individus? Comment se constitue l'espace intérieur, l'espace de vie des logements modernes dans la réflexion théorique de Le Corbusier sur ses propres projets? Y a-t-il une manière de vivre particulière liée aux espaces créés par l'architecture? Un vécu remarquable? Y a-t-il une unité de la typologie spatiale des espaces d'habitation chez Le Corbusier? Y a-t-il un art de se loger et de le dire? Les quinze contributions présentées dans cet ouvrage proviennent d'auteurs rattachés à différentes régions du monde et à diverses disciplines (architecture, esthétique, histoire, littérature, sociologie). Elles s'intéressent à la possibilité de se loger dans la production de masse à partir, entre autres, de l'industrialisation des pays occidentaux. Ces contributions ouvrent enfin à de nouvelles perspectives d'analyse de l'espace intérieur mis en oeuvre par Le Corbusier. Le « savoir habiter », la volonté d'« incruster » le « savoir loger », dans la conscience des individus, pour reprendre les termes mêmes de Le Corbusier, sont ainsi des principes d'organisation de la vie dans les logements déterminant les réalisations de certains architectes modernes.

  • La comédie musicale offre à ses publics des divertissements « familiaux » et en apparence inoffensifs, dont la fantaisie semble éloignée de tout réalisme et de tout souci critique. Pourtant le musical, émanation parfaite de l'âge d'or hollywoodien, expose de façon ouverte les tensions idéologiques et culturelles qui le traversent.Rassemblant les contributions de spécialistes de cinéma, de danse et de musique, cet ouvrage propose une exploration des « politiques » de ce genre protéiforme - depuis les cycles de musicals des années 1930 et jusqu'aux films à grand spectacle des années 1960 - à partir de trois questions principales: la place spécifique de la comédie musicale dans le système d'autocensure orchestré par le Code de production hollywoodien; les normes de représentation, en particulier raciales, liées à la reprise de traditions musicales ou chorégraphiques; les enjeux idéologiques, enfin, d'un genre situé au coeur de la culture de masse et, à ce titre, inséparable d'impératifs technologiques et médiatiques.

  • Comment « demander et rendre raison » d'une pensée aussi complexe et inclassable que celle de Castoriadis? Non pas en écrivant « sur » elle mais en la mettant « en travail ».Cette recherche tente de saisir les dynamiques de pensée sous-jacentes au projet que Castoriadis avait baptisé « La création humaine », au carrefour de la politique, de la psychanalyse et de la philosophie.Polis, psyché, logos : chaque carrefour sera abordé à partir d'une même question, celle de la création du sujet et de la démocratie, et selon un axe transhistorique, qui approfondira ou proposera une lecture différente des sources grecques et modernes « en travail » dans son oeuvre. L'élucidation de la création social-historique de ses contemporains ayant constitué son principal moteur, on tentera aussi de faire droit à cette exigence en l'actualisant.Polis s'adresse aux personnes qui s'intéressent à la philosophie politique contemporaine, à la « démocratie radicale » et aux mouvements sociaux et politiques actuels, ainsi qu'à celles qui, depuis une perspective d'histoire de la pensée critique, s'intéressent à l'antiquité grecque pour mieux saisir, grâce à l'écart de la comparaison différentielle, ce qui fait la singularité de notre temps.Sophie Klimis est professeur ordinaire à l'Université Saint-Louis-Bruxelles. Ses recherches se situent au carrefour de la philosophie ancienne, de la philosophie politique et de l'esthétique.

  • L'engouement contemporain pour les séries télé, qui n'est plus neuf tout en restant encore récent, a suivi et accompagné un paysage de création, de production et de diffusion sérielles plein d'inventivité, d'effervescence et de mutations depuis la fin des années 1990. Face à l'importance de ce phénomène culturel, l'étude et l'analyse des séries télé ont pris un essor considérable dans le champ de la critique et de la recherche universitaire françaises.L'ouvrage Troubles en série apparaît donc dans un paysage scientifique déjà riche et nourri, dans lequel il entend cependant tenir une place importante et singulière. En réunissant un grand nombre de textes de chercheuses et de chercheurs issus de disciplines et d'horizons divers (études cinématographiques, philosophie, information-communication, sociologie...), l'enjeu est d'offrir un spectre large d'études qui entendent d'abord réinterroger et problématiser des concepts devenus clés pour l'analyse des séries (la question des formats, de la matrice, de la construction narrative, des singularités culturelles, de la sociologie des publics). Il s'agit aussi de porter la réflexion sur des terrains encore peu balisés dans le champ des études sérielles (les enjeux éthiques, la dimension théorique de certaines séries, les séries comme art du temps). Ainsi, en réunissant une multiplicité de regards et d'objets d'étude, cet ouvrage a pour ambition de se confronter aux troubles de la sérialité.

  • Cet ouvrage collectif de la collection « Chemins Croisés » propose de partir des objets de lamigration pour appréhender la condition des sujets en exil. Tour à tour vestiges, déchets oureliques, rares ou courants, les objets rapportent la pluralité des lieux, des frontières auxcampements, des espaces de soin psychique aux scènes littéraires et visuelles, de la maison aumusée. À l'inverse, l'expérience de la migration transforme les objets, leurs fonctions etusages techniques et sociaux. Selon les situations, un rasoir ne sert plus à raser, un saz est bienplus qu'un instrument de musique, une peluche est autre chose qu'un jouet. Les objets mettentainsi au jour les savoir-faire et savoir-être des exilés tout autant qu'ils rapportent les violencespolitiques et servent d'ancrages mémoriels. Hors de l'expérience des sujets, certainsdeviennent emblématiques des représentations des phénomènes migratoires, à l'instar du giletde sauvetage, plus symbole de mort que de vie. C'est précisément l'objet de ces contributionsmultidisciplinaires que d'interroger l'existence d'une culture matérielle de la migration etdans la durée d'une langue matérielle de l'exil, de montrer en quoi l'objet fait trace etcomment il fait place au sujet.

  • Laurent Gaissad retranscrit ici ses recherches sur le monde caché des hommes dans le Sud de la France. Cet ouvrage permet de suivre les lieux stratégiques de rencontre ainsi que les techniques d'approche. L'auteur donne aussi à voir la réponse des villes face à ces pratiques sexuelles.

  • L'art comme jeu est la transcription d'un cours que François Zourabichvili a professé en 2005-2006 à l'université Paul-Valéry de Montpellier juste avant son décès. Ce cours se propose d'éprouver les chances, en esthétique, d'un paradigme bien compris du jeu: dans quelle mesure et jusqu'à quel point le concept de jeu s'accomplit-il dans la pensée de l'art? Penser l'art comme jeu nous invite à prendre au sérieux la disjonction fondamentale entre une esthétique du jeu et une esthétique du vrai ou de la connaissance, et par conséquent à reformuler ainsi la question de l'art: si l'oeuvre nous renvoie toujours en quelque manière à nous-mêmes, cette réflexivité est-elle en dernier ressort théorique ou de l'ordre d'une étrange pratique ? De quelle manière nous reconnaissons-nous dans l'art: de façon mimétique, ou bien sur un mode ludique?

  • Malgré le regain d'intérêt, ces quinze dernières années, pour l'étude de la presse du XIXe siècle, un titre phare de la fin de siècle, Le Chat Noir, n'a jamais fait l'objet d'une étude approfondie en tant que journal. C'est en effet surtout à l'histoire de l'art ou de la culture montmartroise que nous devons la majorité des recherches sur ce périodique, qui est souvent réduit à une fonction d'archive. Ses textes, ses illustrations, relevant essentiellement de la blague, n'auraient guère d'intérêt, à l'exception des productions de quelques collaborateurs notoires - Paul Verlaine, Alphonse Allais, Léon Bloy, Caran d'Ache, Jules Jouy, Charles Cros, Willy, George Auriol, Adolphe Willette - qu'on a souvent détachées de leur contexte de publication original pour les mettre en recueil. Comment expliquer alors la longévité de cette feuille - quinze ans, 690 numéros - si son contenu était d'une telle indigence? Ce livre se propose de poursuivre l'exploration du Chat Noir - entendu ici comme l'ensemble des pratiques qui s'organisent sous cet emblème: une revue, un cabaret et un collectif - en envisageant comme centrale la question de la production écrite. En somme, de prendre au« SÉRIEUX QUAND MÊME » les écrits d'un collectif qui, de façon systématique, tourne en dérision tout discours sérieux et les codes qui en découlent, et peut à ce titre aujourd'hui souffrir de sa réputation blagueuse.

  • Dans toutes les cultures et à toutes les époques, "le plus fidèle ami de l'homme" a assumé les fonctions les plus variées : chiens de traîneaux, chiens d'attelage, chiens de vénerie, chiens de garde, chiens de guerre, chiens éboueurs, chiens de sacrifice, chiens comestibles, chiens de cours, chiens de luxe. Dans les sociétés contemporaines où il bénéficie d'un statut privilégié, les usages et services sociaux du chien se sont diversifiés à l'infini : chiens policiers, parachutistes et douaniers, chiens secouristes et chiens d'avalanche, chiens truffiers et destructeurs de vermine, chiens guides d'aveugles et auxiliaires de vie, chiens de course, de concours et de cirque, chiens de laboratoire et chiens cosmonautes (Laïka, petite chienne russe martyre de l'espace...).
    Cet animal polyfonctionnel totalement socialisé, souvent considéré comme une personne ou un membre de la famille, a droit aujourd'hui aux mêmes institutions que les humains : instituts de beauté et salons de toilettage, écoles de dressage, cabinets dentaires et cliniques vétérinaires avec chirurgiens, gériatres et ostéopathes, canicrèches, clubs de rencontres, garderies, pensions et restaurants, boutiques de vêtements de mode et accessoires de luxe, zoopsychologues et psychiatres spécialisés, fourrières, refuges, chenils et cimetières.
    Les multiples représentations imaginaires du chien dans les contes, mythes et légendes, les figurations plastiques, les récits littéraires, les bandes dessinées, le cinéma, les séries télévisées, les scénarios fantastiques de la science-fiction, constituent un ensemble de figuresqui enrichissent la signification anthropologique du "chien" : cynocéphales, chiens psychopompes, chiens divinateurs, chiens sacrés, chiens fantômes, chiens de l'enfer, chiens sorciers, chiens guérisseurs, chiens qui parlent..

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