Le Dilettante

  • "...
    Non, ne pleure pas... tiens, prends mon mouchoir, petite fille... mais il y a une chose que je dois te dire : les gens qui s'arrêtent de parler deviennent fous. chu ta, par exemple, je ne te l'ai pas dit tout à l'heure, mais il est devenu fou et très malheureux aussi... très, très malheureux et très, très fou. il n'a retrouvé la paix que lorsqu'il était un vieillard. tu ne vas pas attendre d'être une vieillarde, toi, n'est-ce pas ? dis-moi que non.
    Tu es très douée, tu sais ? tu es la plus douée de tous les élèves que j'aie jamais eus, mais ce n'est pas une raison, camille... ce n'est pas une raison... le monde d'aujourd'hui n'est plus comme celui de chu ta et tu dois te remettre à parler. tu es obligée, tu comprends ? sinon, ils vont t'enfermer avec de vrais fous et personne ne verra jamais tous tes beaux dessins... " ce livre ne raconte rien d'autre qu'une histoire d'amour.
    Une histoire d'amour entre quatre éclopés de la vie. camille, franck, philibert et paulette. des bons à rien, des cabossés, des coeurs purs. quatre allumettes placées ensemble au-dessus d'une flamme. et, pfiou... tout s'embrase.

  • Douze nouvelles délectables. Anna Gavalda est douée pour croquer les gens. Elle fait parler aussi bien une Parisienne qui drague boulevard Saint-Germain, qu'un organisateur de concert rock qui, à l'aube de la quarantaine, tombe amoureux d'une photographe, qu'un jeune militaire complexé par la réussite de son frère, qu'une vétérinaire violée par des Normands éméchés, qu'un gosse qui a eu un accident avec la voiture de son père, qu'un comptable qui vit avec ses deux soeurs et a une folle envie de la responsable des ventes. À chaque fois c'est la justesse du parler et du ton qui est remarquable. Des fous rires, des pleurs avec des gens ordinaires. Gavalda a un coeur gros comme ça.

  • Il était une fois Ajatashatru Lavash Patel (à prononcer, selon les aptitudes linguales, « j'arrache ta charrue » ou « achète un chat roux »), un hindou de gris vêtu, aux oreilles forées d'anneaux et considérablement moustachu. Profession : fakir assez escroc, grand gobeur de clous en sucre et lampeur de lames postiches. Ledit hindou débarque un jour à Roissy, direction La Mecque du kit, le Lourdes du mode d'emploi : Ikea, et ce aux fins d'y renouveler sa planche de salut et son gagne-pain en dur : un lit à clous. Taxi arnaqué, porte franchie et commande passée d'un modèle deux cents pointes à visser soi-même, trouvant la succursale à son goût, il s'y installe, s'y lie aux chalands, notamment à une délicieuse Marie Rivière qui lui offre son premier choc cardiaque, et s'y fait enfermer de nuit, nidifiant dans une armoire. expédiée tout de go au Royaume-Uni en camion.

    Digne véhicule qu'il partage avec une escouade de Soudanais clandestins. Appréhendés en terre d'Albion, nos héros sont mis en garde à vue. Réexpédié en Espagne comme ses compères, Ajatashatru Lavash Patel y percute, en plein aéroport de Barcelone, le taxi floué à qui il échappe à la faveur d'un troisième empaquetage en malle-cabine qui le fait soudain romain. et romancier (l'attente en soute étant longue et poussant à l'écriture). Protégé de l'actrice Sophie Morceaux, il joue une nouvelle fois la fille de l'air, empruntant une montgolfière pour se retrouver dans le golfe d'Aden puis, cargo aidant, à Tripoli. Une odyssée improbable qui s'achèvera festivement en France où Ajatashatru Lavash Patel passera la bague au doigt de Marie dans un climat d'euphorie cosmopolite.

    Sur le mode rebondissant des périples verniens et des tours de passe-passe houdinesques, voici donc, pour la première fois dans votre ville, L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, un spectacle en Eurovision qui a du battant, du piquant et dont le clou vous ravira. Non, mais.

  • Rappel de l'épisode précédent narré dans L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea : soit Ajatashatru Lavash Patel et un soubresautant tour du monde emboîté dans une armoire Ikea qui l'avait vu, par avion ou par cargo, transbahuté d'Angleterre en Espagne et de Paris à Tripoli. Nous avions laissé l'homme coulant les plus doux des jours avec Marie Rivière, la dame de son coeur et écoulant par palettes entières le récit de sa déménageante saga. Notre héros macère dans l'aisance avec la volupté d'un cornichon dans la saumure, notre fakir est devenu mou du clou, glabre du sabre et son tapis de braises vire à la moquette haute laine. Et notre Patel de partir à la reconquête de soi. Cap sur la Suède pour rencontrer Dieu lui-même, l'Allah de la clé Allen, le maître d'Ikea, et se fournir en Kisifrøtsipik, la Rolls du tapis à clous. Romain Puértolas, en digne fils de Jules Verne et parfait gendre d'Alexandre Dumas, réaffirme cette vérité d'évidence : le monde n'est qu'une commode Ikea, pleine de fausses portes et de doubles fonds, et que l'on n'assemblera jamais.

  • Ferenczi et moi Nouv.

    Ferenczi et moi

    Lecoeur Lionel

    Lionel Lecoeur s'en est allé gîter haut dans l'arbre généalogique de sa femme, faire retraite dans l'histoire vibrante et poignante de la famille des éditeurs Ferenczi. Il nous la narre non avec la sécheresse d'un érudit débitant son fichier, mais sur un mode romanesque vibrant et émouvant, à la cadence d'une saga familiale tout en ombres et lumière.

  • Semper paratus

    Marc Salbert

    Écrire un roman demande des compétences qui mêlent sans trembler la science du contrôle maritime, l'art de la vigie et le sacerdoce du sauvetage en mer. D'un côté, on se régale de faire grouiller, s'entrecroiser, se frôler ou se percuter une scintillante escadre de petites destinées, de l'autre, devoir est là de se jeter à l'eau pour, en cas de tornade, éviter le naufrage, sauver son équipage. Pour cela, et c'est le titre même, le sens, du nouveau roman de Marc Salbert, se tenir"semper paratus", être"toujours prêt", prêt aux trous d'air et aux deuils brusques, aux lâchages et aux retours de flamme. Vont donc s'afficher, sur l'écran radar et sous l'oeil du lecteur, en puissance de tous impacts et trajectoires, Mathilde Serboni, veuve tragique et solitaire, à la beauté minérale et aux proches mystérieusement disparus en plein ciel, Alexandre Cuvillier, accort jeune homme devenu guetteur d'un sémaphore finistérien pour noyer dans les embruns ses tristes amours brésiliennes; s'ajoute à ce duo, dont les trajectoires vont inéluctablement se rejoindre, un trio de vigies hautes en déboires et fortes en gueule : de Bordemart, en rupture d'une princesse cambodgienne, Pujol, en souffrance d'éloignement sentimental, et le polonais Sobalski. Sur fond d'embardées aériennes et d'embouteillages maritimes, ponctués de contacts radio et de tempête soudaine, d'abordages amoureux et de renflouages érotiques, on assistera donc, sous l'oeil sémaphorique de Marc Salbert, à une épopée bretonne qui tient de la régate sentimentale et du convoyage affectif à haut risque.

  • Joseph Haquim surfe sur le bitume entre Barbès et les Maréchaux nord. Parachuté par Pôle emploi chez les Perez, une agence de presse à faits divers, familiale et crépusculaire, il pousse son pion méchant jusqu'à la réussite entrepreunariale et monte une start-up de fin des temps, entouré d'une escouade de bras cassés. Mais lorsque l'adversité se rappelle à lui, il est prêt à tout pour ne pas changer de lifestyle.
    Même au pire.

  • On me demande d'écrire quelques mots pour présenter mon nouveau livre aux libraires et aux critiques et, comme à chaque fois, ce sont ces quelques mots qui sont les plus difficiles à trouver. Je pourrais dire que c'est un recueil de nouvelles, que ce sont des histoires, qu'il y en a sept en tout et qu'elles commencent toutes à la première personne du singulier mais je ne le vois pas ainsi. Pour moi, ce ne sont pas des histoires et encore moins des personnages, ce sont des gens.
    De vrais gens. Pardon, de vraies gens. C'est une faute que j'avais laissée dans mon manuscrit, "la vraie vie des vrais gens", avant que Camille Cazaubon, la fée du Dilettante, ne me corrige : l'adjectif placé immédiatement avant ce nom se met au féminin. Quelles gens ? Certaines gens. De bonnes gens. Cette règle apprise, je suis allée rechercher tous mes "gens" pour vérifier que tous s'accordaient bien et j'ai réalisé que c'était l'un des mots qui comptait le plus grand nombre d'occurrences.
    Il y a beaucoup de "gens" dans ce nouveau livre qui ne parle que de solitude. Il y a Ludmila, il y a Paul, il y a Jean (!) et les autres n'ont pas de nom. Ils disent simplement "je". Presque tous parlent dans la nuit, pendant la nuit, et à un moment de leur vie où ils ne différencient plus très bien la nuit du jour justement. Ils parlent pour essayer d'y voir clair, ils se dévoilent, ils se confient, ils fendent l'armure.
    Tous n'y parviennent pas mais de les regarder essayer, déjà, cela m'a émue. C'est prétentieux de parler de ses propres personnages en avouant qu'ils vous ont émue mais je vous le répète : pour moi ce sont pas des personnages, ce sont des gens, de réelles gens, de nouvelles gens et c'est eux que je vous confie aujourd'hui.
    Anna Gavalda

  • Une île australe, perdue.
    Aux antipodes de tout. Antipodia. Battue par les vents. Loin des zones de pêche. Dessus, entre deux coups de chien, un chef de poste qui se fait donner du « gouverneur », un mécano qui cache son jeu, quelques chèvres. Si le premier tourne en rond, remâchant sa disgrâce sur le petit périmètre de l'île, le second cavale comme un lièvre, heureux, ravi. Son secret ? Une plante mystérieuse : le reva-reva. Celui qui l'absorbe fait entrer aussitôt ses rêves dans la réalité.
    Mais l'hiver et la glace arrivent. Un naufragé aussi, sur un bout de bois, poussé par des vagues. Lui, un Mauricien, s'appelle Moïse. Il se croit sauvé des eaux froides. Il pose son pied nu sur la grève désolée. C'est alors que tout commence. Que tout éclate. Et qu'Antipodia résonne tout entière.
    Coatalem signe son plus beau roman dans le récit tendu d'une étonnante robinsonnade de notre époque, à mi-chemin entre Jules Verne et Stephen King.

  • Je l'aimais

    Anna Gavalda

    Parce que sa belle-fille est malheureuse, Pierre Dippel, soixante-cinq ans, décide de l'emmener à la campagne. Parce qu'elle ne se nourrit plus, il décide de faire la cuisine. Parce qu'elle n'arrête pas de pleurer, il va chercher du bon vin à la cave. Et malgré tout ça, malgré le bordeaux et le boeuf carottes, elle continue de gémir, il décide d'aller se coucher. Et puis finalement, non. Il revient. Il s'assoit à côté d'elle et se met à parler. Pour la première fois, il parle. De lui. De sa vie. Ou plutôt de ce qu'il n'a pas vécu. Cette histoire est donc la confession d'un homme dans une cuisine. ça n'a l'air de rien et pourtant, comme toujours avec Gavalda, tout est dit. Tout est là.  Nos doutes, notre ironie et notre tendresse, le tapage de nos souvenirs et « la vie comme elle va »...

  • L'échappée belle

    Anna Gavalda

    Rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d'un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s'offrir une dernière vraie belle journée d'enfance volée à leur vie d'adultes.
    Légère, tendre, drôle, L'Echappée belle, cinquième livre d'Anna Gavalda aux éditions Le Dilettante, est un hommage aux fratries heureuses, aux belles-soeurs pénibles, à Dario Moreno, aux petits vins de Loire et à la boulangerie Pidoune.

  • Dans De l'Hexagone considéré comme un exotisme, la France se chine comme une bonne brocante géographique. L'ailleurs tant vanté est sans doute plus affaire de regard que de destination. Telle est la morale du marcheur. De Langres à Nancy, de Briey-en-Forêt à Contrexéville, comme de Saint-Flour à Amer ou de la Brenne à la Ferté-Vidame, on suit le pas du randonneur qui le mène aussi à travers Causses et Cévennes.
    Pérégrination accompagnée du Robert Louis Stevenson, beatnik de 1878 et du Jean Carrière de L'Epervier de Maheux. Vive l'économie de moyens de la marche à pied. J'adjure le lecteur, s'il ne l'a déjà fait, de se donner un dessein et un agenda suffisamment vastes pour ne pas être tenu à un quota journalier et un parcours obligé, de se laisser une fois cette chance d'aller à l'estime, à son gré. (...) L'ombre la plus fraîche n'est pas la plus épaisse, la sensation ne tenant pas tant à l'écran des feuilles qu'à leur transpiration.
    Les feuilles vernissées et coriaces du hêtre, du châtaignier ou du néflier respirent moins que celles du peuplier ou du bouleau. Le feuillage clairsemé du maigre acacia génère une ombre tamisée, lumineuse et bienvenue.

  • Les chevronnés adeptes du Pari Mutuel sont Urbains à un point que l'on n'imagine guère, d'une urbanité qui confine à l'intrusion voire touche à l'invasion. C'est ce qu'endure à la journée Anatole Bétancourt, héros de Fièvre de cheval, ancien consultant (en quoi ? Il a oublié) tourné maniaque du tapis vert pré, parieur compulsif et trinqueur frénétique. A peine a-t-il pénétré dans un café-turf, salué bas la tenancière et s'être mis, Bic en main, un oeil à l'écran, l'autre au carnet, en position de défricher la journée hippique que s'en viennent rôder puis le harceler pléthore de fâcheux en veine de confessions, de petites combines, de bons tuyaux ou de martingales infaillibles.
    Car notre homme raisonne, compute, déduit, pesant les chances au trébuchet des possibles. Un art de mettre le canasson en équation qui n'est pas toujours payant et l'oblige à quelques entorses avec la légalité. Et quand la patronne de l'hôtel pour une monte s'invitera dans son paddock et l'initiera à fouler le gazon et humer l'air des champs de courses, Anatole n'échappera pas à la sortie de piste.
    Monologue drolatique d'un turfiste stratège, Fièvre de cheval nous restitue avec brio le monde des bistrots attelés, le galop mental et les errances d'une vie sur terrain lourd. Rien ne me souciait plus dans une journée que ces quelques secondes, disséminées tous les quarts d'heure, à raison de quarante courses au quotidien cela représentait au final pas mal de minutes, ces quelques secondes donc, ces quelques secondes où le coeur palpitait, où un frisson me traversait quand le cheval sur lequel j'avais misé montait aux avant-postes et qu'il figurait dans les trois premiers aux abords de l'arrivée.
    Oui, un frisson. Un frisson enfin. En attendant celui qu'on appelle le dernier et que je ne redoutais même plus tant la vie avait cessé de me concerner.

  • La consolante

    Anna Gavalda

    Pendant presque trois ans (mille quatre-vingt-quinze jours), j'ai vécu dans la tête, et le corps, d'un homme qui s'appelle Charles.
    Charles Balanda. (Parce que le matin où je me suis dit « Allez... J'y vais. Je commence aujourd'hui », nous étions en août 2006 et qu'avant de monter dans ma soupente, j'avais (pour gagner du temps !) feuilleté le journal. On y faisait part du décès d'un homme qui portait ce nom et j'aimais cette idée, de contrarier un peu les Parques... (À ce moment-là, j'ignorais tout de ce Charles (ce qui m'amuse dans l'écriture, c'est de me lire évidemment) et ne savais pas qu'il aurait une peur panique des chevaux, (j'étais loin d'imaginer qu'il en croiserait...), or il se trouve que Balanda (cela je le savais, Galoubet etc.) est un nom célèbre dans le milieu hippique. Bah...
    Nobody's perfect...) (Beaucoup de parenthèses et un(e) prière d'insérer qui part déjà dans tous les sens, tant pis pour l'éditeur...)) Au début de l'histoire, ce Charles, mon Charles, 47 ans, apprend la mort de la mère d'un de ses amis d'enfance et perd complètement les péd... les étriers. Comme c'est un garçon cartésien (architecte et ingénieur), il prend sur lui et fait de grands efforts pour se remettre en selle. En vain.
    Bien des chapitres plus tard, sa soeur, inquiète, lui demandera :
    - Hé. Tu ne serais pas en train de nous préparer une petite crise de la cinquantaine, toi ?
    La midlife crisis, comme ils disent...
    - Tu crois ?
    - Mais ça m'en a tout l'air...
    - Quelle horreur. J'aurais aimé être plus original... Je crois que je me déçois un peu, réussit-il à plaisanter.
    Non, Charles, je vous rassure. Ce n'est pas ça. Enfin, ce n'est pas ce que j'ai voulu... Je n'aurai pas le culot d'affirmer que vous êtes, que nous sommes tous les deux, « plus originaux », mais la crise de la cinquantaine n'était pas du tout mon propos.
    Ce que je voulais, c'était vous choper un matin à la descente d'un avion, vous tabasser, vous rouer de coups jusqu'à ce que vous soyez à terre, et vous le serez, souvenez-vous, sur le boulevard de Port-Royal, à terre et couvert de sang, pour ensuite vous aider à vous relever en vous tendant... d'autres rênes...
    Voilà qui n'est pas tellement plus original, je le concède, mais ce qui « bouge encore » à l'heure de ma prière, ce sont les deux femmes qui encadrent votre chute.
    Celle qui vous a désarçonné, qui s'appelle Anouk, qui était très gaie, mais qui donne à ce texte un petit goût triste et amer.
    Et l'autre, her name is Kate, qui va vous aider à virer les éperons, et qui "en nous racontant des choses affreuses, en nous prenant à la gorge le temps de sa confession" changera la lumière.
    La lumière, le ton, l'écriture, et même la typographie de cette histoire.
    Tout devient plus léger, plus souple, plus... incliné.
    Donc vous voyez, c'est vous qui m'avez obsédée, mais ce n'est pas vous le héros.
    Ce sont elles. Vous étiez là pour les servir. Et si nous les avons tant aimées, vous et moi, c'est parce qu'elles sont, chacune à leur manière, absolues, absolument généreuses.
    Encore des bons sentiments, on va dire...
    Oui. Pardon. À défaut de faire de la bonne littérature, les gens généreux font de beaux personnages. Je dis pardon mais n'en pense rien. À la page 478, Kate m'a déjà graciée : « ... il ne faut pas croire à la bonté des gens généreux. En réalité ce sont les plus égoïstes... » Et puis il y a les enfants aussi...
    Je voulais un livre avec des enfants qui soient vivants à l'intérieur.
    Et là, ce mercredi 6 février 2008, à l'heure où je m'insère comme je peux en comptant mes abattis, je me souviens qu'ils y sont, ces enfants, et, rien que pour eux, je suis bien heureuse de l'avoir écrit...
    Deux femmes, un homme qui va boitillant de l'une à l'autre et plein de gamins tout autour.
    Voilà pour La Consolante.
    A.G.

  • La femme de ma vie

    Floc'H

    À force de croiser Floc'h au fil des ans et au détour des rues, revenait comme un leitmotiv qu'il faudrait bien un jour que l'on fasse un livre ensemble. Cela aurait pu durer encore quelques années si Floc'h n'avait pas enfin trouvé LE sujet. Et quel sujet, la femme de sa vie... Dominique Gaultier

  • Stoner

    John Williams

    Né pauvre dans une ferme du Missouri en 1891, le jeune William Stoner est envoyé à l'université par son père, et au prix de quels sacrifices, pour y étudier l'agronomie.
    Délaissant peu à peu ses cours de traitement des sols, ce garçon solitaire découvre les auteurs, la poésie et le monde de l'esprit. Il déçoit les siens, devient professeur, se voue corps et âme à la littérature, sert ses étudiants, assiste impuissant aux ravages causés par une terrible crise économique et deux guerres mondiales, se trompe d'histoire d'amour et finit par renoncer au bonheur. Tout cela l'entame, mais rien ne le diminue : il lit.
    Célébration d'une âme droite enchâssée dans un corps que la vie a très tôt voûté, voilà le récit d'une vie austère en apparence, ardente en secret. « Au cours de sa quarante-troisième année, William Stoner apprit ce que d'autres, bien plus jeunes, avaient compris avant lui : que la personne que l'on aime en premier n'est pas celle que l'on aime en dernier et que l'amour n'est pas une fin en soi, mais un cheminement grâce auquel un être humain apprend à en connaître un autre » .

  • C'est le récit d'un drame familial, d'un cruel apprentissage de la vie et du monde du travail. C'est aussi un thriller psychologique : la disparition d'un être cher, le quotidien entre loisir et travail à la caisse du Shopi, et puis le suspense qui enveloppe ce trou noir, ce manque, voilà les trois chemins que suit Claire, jeune fille tendre et fragile, affaiblie par l'absence de son frère. Un roman réaliste aussi étonnant qu'émouvant sur la douleur de la séparation.

  • La peur

    Gabriel Chevallier

    Paru en 1930, ce livre, largement autobiographique et dont le titre était un défi, raconte la terrible expérience des combattants de 14-18 face à la férocité et l'inutilité de cette guerre. Au Dilettante, nous n'abusons pas des superlatifs mais il s'agit sans nul doute d'un chef d'oeuvre... Écoutons Jacques Tardi: «Tout le monde devrait lire et relire La Peur.»

  • Depuis Platon, la philosophie est une affaire de mecs en mal de muscles, et pour lesquels le concept est un substitut au zguègue. Par bonheur, l'histoire de cette discipline est truffée de gonzesses qui n'eurent pas eu froid aux yeux et montèrent à l'assaut de l'Olympe phallocratique de la pensée. De furieuses gisquettes s'ingénièrent à débusquer la supercherie sexiste et à voler l'héritage aux hommes, d'autres s'appliquèrent joyeusement à le démolir.
    D'autres encore se mirent à philosopher par-delà femme et mâle, dans un pétaradant carambolage de concepts transgenres. C'est de tous ces phénomènes oubliés qu'on va causer, en dressant les portraits de ces mauvaises filles, goudous, travelos, couires, petits pédés et grandes folles qui s'amusèrent au chamboul'-tout bousculant la respectabilité de la vieille dame philosophie pour la convertir en meneuse de revue d'un cabaret conceptuel d'un nouveau genre.

  • 39,4

    Philippe B. Grimbert

    François a mis le cap sur une soixantaine peu rugissante. Être perçu comme un préretraité de la vie alors qu'on a grenier plein agace, pousse à une certaine forme de fureur mêlée de morosité. Donc, réagir et mettre en place, le premier dans l'histoire de l'humanité, un putsch chronologique : ayant appris par une analyse médicale que son état physique correspond à celui d'un homme de 39 ans et des poussières, il demande révision de son âge légal auprès des autorités.

  • Dans ce roman l'auteur recueille la confession de Lazare devenant sous le regard complaisant du mari l'amant fougueux de sa femme, venue des steppes du Kazakhstan. Et comment ce marivaudage ludique tourne à la rivalité démente. Dans un décor qui évoque Simenon et Jean Vigo, une histoire magistralement menée.

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  • Je prefere ne pas

    Alain Schifres

    Plus de quarante ans que ce joyeux sociologue impertinent se moque des travers de notre époque. Dans ce recueil très personnel, Alain Schifres, l'auteur des Parisiens et de Sympa, nous explique avec son mauvais esprit et ses belles humeurs comment résister à cette dure époque grâce à l'évitisme dont la règle d'or est : je préfère ne pas.

  • Mutée disciplinairement à New York, Colorado, un petit village raciste du fin fond de l'Amérique, sans couverture mobile et où il ne se passe jamais rien, la lieutenant de police de couleur noire, à forte corpulence, Agatha Crispies a trouvé un échappatoire à son désoeuvrement dans l'animation d'un club de lecture au sein du commissariat. Mais alors qu'elle désespérait de pouvoir un jour enquêter à nouveau sur un meurtre autre que celui d'un écureuil, une série d'effroyables assassinats et disparitions viennent (enfin) troubler la tranquillité des lieux, mettant à l'épreuve ses connaissances littéraires.
    Puértolas signe un drôle de thriller loufoque, un poilar !

  • Faux depart

    Messina Marion

    Ma foi, qu'est-ce donc que la vie, la vie qu'on vit ? D'expérience, elle a la douceur d'un airbag en béton et la suavité d'un démaquillant à la soude, la vie ne serait-elle qu'une épaisse couche d'amertume sur le rassis d'une tartine de déception ? Pas moins, pas plus ? C'est en tout cas la démonstration que nous livre Marion Messina, l'Emmanuel Bove de ces temps, dans Faux départ, son premier roman. À ma gauche, Aurélie, à ma droite Alejandro ! Entre la Grenobloise de toute petite extraction qui crève la bulle d'ennui dans une fac facultative, souffre-douleur d'un corps en plein malaise, et le Colombien expatrié, ça s'aime un temps mais ça casse vite. D'aller de Paris en banlieue et de banlieue à Paris, d'oeuvrer comme hôtesse d'accueil, de manger triste, coucher cheap et vivre en rase-motte, rencontrer Franck puis Benjamin ne change que peu de choses à l'affaire. Renouer avec Alejandro ne modifie guère la donne : l'amour fou, la vie inimitable, le frisson nouveau sont toujours à portée de corps, mais jamais atteints. Toujours en phase d'approche, jamais d'alunissage. Marion Messina décrit cette frustration au quotidien avec une rigueur d'entomologiste. Que voulez-vous, la vie fait un drôle de bruit au démarrage. Jamais on ne passe la seconde. Faux départ, telle est la règle.

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