Philippe Val

  • Allegro barbaro

    Philippe Val

    Bob Volta est une rock-star adulée des foules mais profondément perturbée, entre autres d'avoir amassé une fortune colossale en chantant son amour des pauvres. Micky Marlaud, journaliste mélancolique le jour, musicien joyeux la nuit, coule une bohème tranquille jusqu'au jour où Bob, un ami de jeunesse, lui demande de l'accompagner dans la Yougoslavie en guerre pour une tournée de concerts de réconciliation, censés réunir Serbes, Croates et Bosniaques.

    Bien que pas dupe de l'absurdité du projet, sans trop savoir pourquoi, Micky Marlaud accepte, sans doute par curiosité de voir la guerre en face afin d'avoir quelque chose à raconter plus tard. Flanqués d'un étrange gourou pacifiste et d'une bande de pieds nickelés persuadés que leur musique ramènera la paix, ils s'embarquent pour un road-trip comico-tragique, dont ils ignorent tout du véritable but.

    Micky Marlaud nous fait traverser les Balkans ravagés par une guerre civile qui, à l'époque, a divisé en deux camps irréconciliables le monde politico-intellectuel français. Vingt-cinq ans plus tard, Micky Marlaud a le blues et constate que si la paix est revenue dans les Balkans, en France, la bataille idéologique continue à faire rage.

  • «?Quand il m'a confié la tâche de rédiger son histoire, Philippe m'a dit?: «Je voudrais, qu'à la fin, je puisse savoir ce que je garde du siècle passé pour le léguer sans rougir - ou sans frémir - à l'innocence de mon fils.» Tâche délicate... Quelle autre époque française a produit autant de grands esprits qui se sont contentés de prodiguer les leçons d'une morale fondée sur le mépris de l'innocence??
    En suivant ton père pas à pas, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à nos jours, j'ai décidé d'écrire ce livre à ton usage pour que sa conclusion prenne la forme d'une évidence qui ne soit pas très éloignée d'un effet comique. Tu sais que son premier métier, et sans doute le seul qu'il exerçât jamais, consistait à divertir les honnêtes gens.
    À mesure que je croisais les destins des acteurs de premier plan et des anonymes - du petit commerce, du monde ouvrier, du music-hall, du journalisme ou de la politique - qui ont jalonné la vie de ton père, c'est la fresque tragi-comique du siècle qui apparaissait. C'est ce que nous désirions t'offrir.
    C'était éprouvant, mais on a beaucoup ri. Vraiment beaucoup. Dès le commencement. Bien sûr, au début, c'était les choses bêtes et laides qui nous amusaient. Puis on s'est aperçu que les choses intelligentes et belles faisaient encore plus rire, mais d'un rire différent. Un rire avec la gorge un peu serrée, comme il arrive toujours lorsque souffle le courant d'air furtif de la grâce, laquelle est l'expression ultime de la liberté que ton père désire te laisser en héritage.?»

  • Depuis le 11 septembre 2001, c'est par milliers que les démocraties modernes comptent leurs citoyens assassinés, victimes d'une guerre identitaire. Nous n'en sortirons victorieux qu'à la condition de transmettre la connaissance et l'amour de notre démocratie. Mais comment faire si l'histoire de celle-ci n'est pas enseignée ? Et pire encore, si cette histoire, qui est la nôtre, fait l'objet d'un rejet, d'une scandaleuse dissimulation ? Pendant des siècles, l'Europe de l'Ouest était les confins du monde connu où les exclus, les commerçants, les aventuriers, les convertis de toutes sortes sont venus s'amalgamer pour inventer une civilisation où tous seraient des citoyens de plein droit.
    Notre précieuse identité, c'est d'abord celle d'un peuple de bâtards, seul capable de penser le droit et la liberté universels. Il y a en chacun de nous un Grec, qui, depuis deux mille cinq cents ans, arpente l'agora en améliorant sa définition du juste et de l'injuste, un Juif qui ne cesse d'interroger la langue pour lui faire dire un droit universel, et tout un peuple de bâtards qui met son génie à leur prêter main-forte.
    Voilà notre véritable identité, celle que nous devons chérir (avant toutes les autres). Cette identité, elle est ce que nous sommes de plus élevé. Elle est la seule qui vaille qu'on la revendique haut et fort, que notre fierté la féconde, qu'on la défende quand elle est attaquée, et qu'on l'aime passionnément. Pour l'heure, elle est une Belle au Bois Dormant. Eloge de la bâtardise se penche sur elle pour lui dire que l'heure du réveil est venue." P.V.

  • Quand on ne trouve pas d'intellectuel pour organiser un débat, on invite un sociologue, qui nous explique qu'il faut être contre l'injustice, contre la misère, contre le racisme, contre la guerre, contre les patrons, contre l'Amérique, contre Israël, contre le sida et contre tous les méchants qui sont pour ce qui est mal. La culture servait à multiplier nos expériences du monde. A quoi bon, puisque le monde tient désormais en deux catégories : like et unlike ?
    C'est ainsi qu'on subit jusqu'à la nausée les dénonciations de commissaire politique d'Edwy Plenel, les sentences à la naphtaline d'Edgar Morin, les transgressions marketing de Bedos père et fils, et si les tables tournantes fonctionnaient, on entendrait encore Stéphane Hessel nous réciter par coeur, les yeux mi-clos, un poème de Verlaine à la gloire des combattant du Hamas, car dans l'au-delà, tout est possible.
    Voir un écrivain à la télévision se faire massacrer par un chroniqueur inculte, sous les applaudissements d'un public qui visiblement n'a peut-être jamais ouvert un livre, voilà un spectacle désormais habituel.
    Le prêt-à-s'indigner médiatique, c'est la trop mince couche de glace sur laquelle  titubent nos démocraties modernes. Il alerte sur la disparition des ours blancs, mais reste indifférent à celle des librairies, des journaux et des cinémas. L'existence des choses précieuses et subtiles qui rendent possible une bonne vie pour tous dépendent autant, sinon plus, d'un niveau culturel que d'un niveau économique. C'est la culture ou son absence qui décident de l'économie, et non l'inverse, contrairement à ce que martèle le sociologisme en vogue.
    Ce livre est une discussion sur l'origine et l'imposture de cette idéologie du ressentiment, avatar du rousseauisme, qui a réussi, au fil des siècles à faire croire que le bonheur du peuple passait par le sacrifice du droit à la richesse intellectuelle des individus.

  • « Après les attentats du 7 janvier 2015, je me suis réveillé dans un cauchemar : rien de ce que j'entendais ne correspondait plus à la réalité.
    Certains, effrayés par l'horreur, ou habités par d'obscurs ressentiments, se sont permis de réinventer notre histoire : «Ils sont morts, mais ils l'ont quand même bien cherché.» Puis, la presse et Internet se sont mis à grouiller d'articles, de dossiers, de tribunes où les fondateurs du second Charlie, dont il ne reste que trois survivants, étaient représentés comme des petits malins qui avaient publié les caricatures de Mahomet pour gagner de l'argent et disparaître avec la caisse.
    Alors que mes amis venaient de mourir, j'ai été interrogé dans les médias par des gens qui s'érigeaient en procureurs.
    Depuis toujours, nous avions pris le parti des immigrés, et lutté contre les préjugés racistes. Et soudain, nous avons vu ceux pour qui nous demandions le respect et la justice brandir les poings et demander notre mort.
    Une partie de la gauche, prête à brader la laïcité pour ne pas perdre un réservoir de voix, nous a insultés en traitant de zombies ceux qui exprimaient leur peine et leur attachement aux valeurs démocratiques qu'incarnaient les victimes des terroristes.
    Dans cette confusion où règnent le mensonge et la peur, qui, aujourd'hui, peut comprendre l'étendue de l'oeuvre accomplie pendant plus de vingt ans, par cette équipe joyeuse et géniale : Cabu, Cavanna, Wolinski, Renaud, Caroline Fourest, Riss, Charb, Luz, Gébé, Oncle Bernard, Riad Sattouf, Catherine, et tant d'autres dont il sera question ici ?
    Alors j'ai décidé d'écrire ce livre. Pour la mémoire des morts et l'honneur des vivants. » P. V.

  • Philippe val apparaît au premier plan de la scène politique quand il publie dans charlie-hebdo, en février 2005, les fameuses caricatures danoises de mahomet. la polémique prend des proportions inhabituelles « au pays de la laïcité », et emporte cet intellectuel brillant et incisif. fallait-il ou non reproduire ces douze caricatures - il est vrai pas toujours inspirées ? la liberté d'expression est-elle absolue ? ou faut-il lui imposer des limites, au nom de la bienséance, au nom de la politique internationale, au nom de la paix civile... ou au nom des religions ? bref, faut-il créer un « délit de blasphème » ? philippe val défend une ligne clairement inspirée par voltaire : je ne suis pas d'accord avec toutes vos idées, mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer. cette ligne le mènera au tribunal, après que le conseil français du culte musulman, avec d'autres organisations musulmanes beaucoup plus extrémistes, auront porté plainte contre lui. c'est ce combat que raconte aujourd'hui philippe val, combat qui n'a jamais été raconté ainsi, de l'intérieur : pourquoi le président chirac s'en prend-il à charlie hebdo en plein conseil des ministres ? comment dalil boubakeur se retrouve au côté de la ligue islamiste mondiale ? que devient un intellectuel quand il ne peut sortir sans ses gardes du corps armés jusqu'aux dents ? le ministre du culte est-il aussi celui de la justice ? maître kiejman écrit-il ses plaidoiries ? nicolas sarkozy est-il en accord avec ses arrières-pensées ? cette affaire, c'est toute notre époque, avec ses fantasmes, ses peurs, ses illusions. philippe val nous raconte ses coulisses, d'une plume acérée, mêlant à l'actualité sa propre histoire, l'algérie des années 70, ses lectures, ses enquêtes, sans jamais perdre de vue son objectif : pouvoir continuer à rire et se moquer en toute liberté... un livre salutaire. arguments de vente : un livre qui fera grand bruit, par son ton et ses révélations. le documentaire de daniel leconte consacré à la même affaire, c'est dur d'être aimé par des cons..., présenté au festival de cannes, sortira simultanément en salles.

  • " Mai 68, avec ses slogans parfois stupides et son jargon marxisant - déjà kitsch à l'époque -, était une période joyeuse. On s'y levait tard pour gagner moins. On faisait des pieds de nez aux statues des grands hommes. On prenait au sérieux la question du bonheur. Ceux qui haïssent Mai 68, au fond, sont à plaindre : ils avouent que déjà, à vingt ans, ils étaient des petits vieux qui regardaient passer l'avenir dans un rétroviseur. Et pourtant ce sont eux les vrais utopistes. Ils croient qu'une victoire électorale suffira à faire perdre le goût de l'émancipation à celles et à ceux qui en jouissent. Si ce n'était pas si revanchard, ce serait presque émouvant de naïveté. "
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  • Chaque semaine dans sa chronique sur France Inter, Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, fustige de façon cinglante l'hypocrisie, l'irresponsabilité et la bêtise de notre société.
    Ses sujets d'indignation sont nombreux et inépuisables. Qu'il s'agisse de la télévision et du spectacle, de la chasse, de la pêche, du nucléaire ou de la gestion des richesses naturelles, de la politique ou de la religion, les charges de Philippe Val sont aussi violentes que salutaires. Dans cet ouvrage sans concession, il dénonce les mensonges, lève les masques, et dissipe les illusions dans son style aigu et incisif.
    C'est un alcool fort et brûlant qu'il nous propose, un remède pour mieux respirer.

  • « La famille de gauche est divisée en deux sous-familles, les traîtres et les crétins. Et le divorce menace. Depuis longtemps. On assiste à une longue scène de ménage à côté de laquelle Qui a peur de Virginia Woolf ? ressemble à La Vie en rose.
    Dès 1965, il a fallu toute l'habileté du traître Mitterrand pour réussir à mettre dans sa poche les crétins qui avaient soutenu Staline. Lorsque le communisme s'effondra, il se produisit un événement que les traîtres n'avaient pas prévu. L'emprise territoriale du communisme disparut en effet mais, en revanche, le crétinisme survécut.
    Si l'on a oublié ce que l'on doit aux traîtres - les libertés publiques, les congés payés, la réduction du temps de travail, la libéralisation des moeurs, j'en passe, et des plus futiles -, on se souvient en revanche avec émotion que les crétins nous ont fait rêver d'un avenir radieux.
    Cela dit, en tant que traître, je ne peux pas être objectif. En 1981, ce sont les traîtres qui faisaient rêver. Aujourd'hui, ce sont de nouveau les crétins. Or, de mon point de vue de traître, les dangers que les crétins font courir à l'humanité sont sans commune mesure avec ceux dont les traîtres sont porteurs. Car le traître est prudent, alors que le crétin lâche la proie pour l'ombre. » P. V.
    Prosternation devant les dieux du foot, séisme du non au référendum, mise en cause de la liberté d'expression au nom de principes d'un autre âge : aucun sujet n'échappe à la vigilance ironique et à la plume acérée du traître Philippe Val.

  • Philippe Val est apparu au premier plan de la scène politique quand il a publié, en février 2005, dans Charlie-Hebdo, les fameuses caricatures danoises de Mahomet. Mais depuis plus de dix ans, cet éditorialiste affûté, brillant, moqueur, engagé à gauche mais en homme libre, n'épargne ni les uns, ni les autres. Il a affiché son « Oui » à la constitution européenne, et son « Non » aux islamistes en cravate. Il combat les multinationales inhumaines, mais aussi les arracheurs de cultures transgéniques? Ses prises de position, souvent étonnantes, toujours étayées, ont fait de lui une personnalité iconoclaste, admirée, contestée, centrale. Après des années de travail et de lecture, aiguillonné par un monde aux plaques tectoniques en perpétuelle friction, mais qu'il estime passionnant, riche, plein de beautés, Philippe Val nous confie son premier grand essai : un « traité de savoir-survivre par temps obscurs ». En vingt-trois chapitres parfaitement emboîtés, tressés de citations, de lectures, de films, de faits historiques, il tente de définir ce que pourrait être un « nouvel homme des lumières ». Comment ne pas se laisser « dominer par l'espèce » ; comment sublimer notre part sombre, faite de violence et de ressentiment ; comment agir en homme libre. Bref, comment ne pas donner prise à la culture du «malaise dans la civilisation », pente si courante dans un temps qui a connu les totalitarismes, la terreur, l'abjection ? Philippe Val nous propose aujourd'hui sa « méthode ». Dans ces pages, nulle froide réthorique, mais une approche spinoziste : « Si dieu le veut. Le but des Lumières a été de rendre absurdes et imprononçables ces mots qui scellent le mariage de l'individu avec son propre malheur. C'est par le travail de la pensée que commence le divorce. S'il est vain de penser que l'on éliminera un jour la souffrance, on peut en revanche conjurer la tristesse, qui n'est pas seulement la conséquence, mais aussi la cause de nos malheurs. Lecteur, si mon livre te donne l'intuition que la joie est moins inaccessible qu'il n'y paraît, j'aurai atteint mon but. Il est difficile de tenir une certitude dans ce monde changeant mais il en est une que Verlaine énonce dans « Ecoutez la chanson » : « Allez ! rien n'est meilleur à l âme / Que de faire une âme moins triste. »

  • L'Occident est à la croisée des chemins : fractures identitaires, vagues populistes, ingérences étrangères, communautarismes, radicalisations... Les attentats par des terroristes qui ont ensanglanté la décennie qui se termine ne sont que la partie émergée d'un gigantesque iceberg, qui a pour nom islam politique.
    L'imam Hassen Chalghoumi se bat depuis vingt ans : tout à la fois lanceur d'alerte, combattant de la paix à travers le monde et infatigable militant de terrain, sa vie sous perpétuelle protection symbolise à elle seule l'adversité à laquelle doit faire face la démocratie. Dans Les Combats d'un imam de la République, il pose clairement le choix qui s'offre urgemment à l'Occident : la guerre civile ou le réveil républicain, qui pourrait, au prix d'un vrai réalisme et de courage, reconstruire la fraternité des peuples. Et sur ce chemin, le seul qui donne un avenir à l'Europe, Hassen Chalghoumi propose des réflexions globales et des solutions concrètes.

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