Jean-Pierre Henri Azéma

  • Dès le Moyen Âge, le bourg de Creissels a tissé des liens économiques et interdépendants avec la commune de Millau. Et c'est grâce à la puissance hydraulique du ruisseau de Cabrières, qui traverse Creissels, que les Millavois ont pu non seulement subvenir à leurs besoins alimentaires de base (farine pour le pain quotidien), mais aussi faire fonctionner leurs activités économiques industrielles : draperie, coutellerie, puis cuirs et peaux.
    La commune de Creissels a compté près de 30 moulins, dont les activités et les fonctions ont changé, en nombre et en nature, au fil des siècles. Le plus gros effectif (22 moulins) se trouvait sur le ruisseau de Cabrières, entre ce que l'on nomme le Tournal « le haut des grandes cascades » et le lieu dit « Le moulin bas ».
    Du XIII e siècle à nos jours, « l'or blanc » de ces moulins a accompagné l'évolution industrielle de Millau. Il fut pourvoyeur de très nombreux emplois. Ces usines ont également assuré la production de l'huile de noix, scié du tuf pour la construction locale, permis la fabrication de briques, fait tourner des blanchisseries, une usine d'eau de javel et même une usine électrique qui éclaira la commune.
    Chose exceptionnelle en Aveyron, il reste à Creissels encore 7 moteurs hydrauliques rares (dont 6 roues verticales à augets en fer) et deux turbines hydrauliques, témoins encore aujourd'hui de la puissance énergétique qui a animé toutes ces usines !
    Ce livre a pour vocation de mettre en valeur et de faire connaître ce patrimoine unique et exceptionnel que possède Creissels, faubourg de Millau.

  • Depuis 11 siècles au coeur de l'économie et de la vie sociale, les moulins ardéchois confirment historiquement le département comme « Terre d'Audace ». Les centaines de bâtiments et d'ouvrages, visibles le long des rivières, en sont la preuve. À eau, à vent ou à manège, ils permettent un aménagement fin du territoire. Les énergies renouvelables employées, décentralisées, servent des communautés dispersées et isolées. Pionniers du développement durable, écologiquement intégrés à leur milieu, ils s'accommodent des contraintes et des excès de la nature (vallées étroites et pentues, sécheresses et crues violentes). Aux côtés des indispensables moulins à grain, les moulins spécialisés trouvent en Vivarais une terre d'élection. Les moulins à huile, les curieux moulins à capturer les poissons, les moulinages, les moulins à tan, à papier, à chaux, les usines électriques, etc... servent aussi les populations rurales et urbaines.

    L'objet de cet ouvrage est de présenter pour la première fois,l'impressionnante variété des moulins rencontrés en terre ardéchoise, de montrer comment l'homme a su tirer parti d'un territoire varié, comment il s'est adapté à celui-ci, et plié aux contraintes de la nature.

  • Pendant près de 1 200 ans, moulins et meuniers ont façonné l'identité européenne. Ils ont servi l'économie et l'alimentation quotidienne des hommes. Pour la première fois, un livre propose les plus beaux documents rassemblés sur les meuniers et les meunières. Ils sont ici présentés dans les différents lieux qu'ils occupaient il y a un siècle. Ni bourgeois, ni nobles, ni paysans, ils appartiennent à un milieu social spécifique, ne se mariant majoritairement qu'entre eux. Ce couple mythique a su, pendant des siècles, occuper un des espaces centraux de l'organisation sociale, économique et spatiale de notre monde européen. Notre imaginaire collectif ne les a pas oubliés. En 2008, il ne reste que 500 meuniers contre près de 100 000 au début du XIXe siècle.

  • Un patrimoine économique et écologique encore vivant...
    Des deux mille moulins, et plus, qui ont fleuri en Rouergue à travers les âges plusieurs centaines subsistent de nos jours, à l'état de ruines ou préservés, toujours en marche pour quelques-uns. De quoi composer à la caméra un bouquet superbe. Mais, bien au-delà du simple album d'images, ce film montre la véritable révolution qu'ont représenté les moulins lorsqu'ils ont commencé à gagner nos régions au IXe siècle. Ils n'ont pas seulement nourri, vêtu les hommes, amélioré leur quotidien sous bien des aspects. Ils leur ont permis d'occuper harmonieusement leur espace naturel. Ils ont aussi contribué à ouvrir leur regard sur le monde. Sans les moulins, le Rouergue, devenu département de l'Aveyron, ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui.

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