Cesare Battisti

  • Indio

    Cesare Battisti

    Cananéia, au sud du Brésil. Ici, la lagune dispute son territoire à l'océan Atlantique, serpentant le long d'îles tapissées de mangroves ancestrales. Ici, loin de la frénésie de la capitale, les pêcheurs tentent de subsister. Ici, parfois, on y meurt. Comme Indio Pessoa, retrouvé noyé au large de la baie. Cet homme, venu de São Paulo, avait posé ses valises depuis peu dans la ville. Dans sa chambre d'hôte, on retrouve de mystérieuses notes sur un certain Bacharel, fondateur de cette première cité du Brésil, que l'histoire officielle semble avoir éclipsé... Que venait chercher Indio ici ? C'est ce que va tenter de découvrir un de ses amis qui, vite dépassé par les événements, se rendra compte que le surnom de Cananéia - « Kilomètre zéro » - n'est pas usurpé.

    Roman noir et d'aventures, Indio est un plaidoyer lumineux pour la liberté ; un récit passionnant sur la reconquête d'une mémoire volée.

  • Les « habits d'ombre », ce sont ceux des bannis. Certainement pas des enfants de choeur, non, mais des apatrides. Ceux qui ont perdu et sont condamnés à l'errance, à n'en plus finir d'expier l'échec de leur rêve. Des clandestins cernés par les trahisons et la pression d'un monde parfaitement organisé pour sa conservation. Des coupables parfaits, fragiles pour certains, méconnus, tâchés de tout le sang qu'on leur mettra sur les mains. Des gens manipulables. Des victimes idéales, pour d'impressionnantes manoeuvres souterraines visant à d'autres buts que d'établir une justice. Loge P2, mafia, services secrets et politiques...
    À Paris, quelques-uns de ces soldats essaient d'oublier. Claudio est de ceux-là. Il revient du Mexique. Il ne veut plus se battre. Quelques jours après son retour, un homme est déjà mort.

  • « En entendant le fracas des détonations j'ai tiré plusieurs fois sur la silhouette qui passait dans mon champ de vision. Le corps a bondi en avant, à demi caché par la roue d'une Renault mais les pieds sont restés immobiles. Je me suis alors rué vers l'angle de la rue Vaugirard. Mon espérance de vie était directement proportionnelle à la vitesse de mes jambes. Une rafale a éclaté dans mon dos, assez loin, trop loin me sembla-t-il, pour être la cause de ce picotement dans ma jambe gauche... » La cavale reprend pour Enzo, ancien activiste devenu serveur dans un restaurant chic à deux pas du Sénat. Jamais, au grand jamais, il n'aurait dû participer, « pour lui donner une leçon », à l'enlèvement d'un ministre français. La planète est minuscule dès que les polices vous traquent. D'où venait le coup monté ? Quel est le prix des amitiés, à Paris ou Mexico, lorsque se monnayent les trahisons oe

  • Antonio Casagrande a trente-cinq ans. Fils d'un sculpteur d'anges et comptable dans une biscuiterie de Milan, il rêve d'évasion et d'écriture. En attendant de parvenir à réaliser ses rêves, il remplit tous les bulletins de participation à des jeux qui lui tombent sous la main. Et voilà que la chance lui sourit : il gagne un voyage en Amérique à bord d'un camping-car.
    Lorsque Antonio débarque à Mexico, il fait d'étranges rencontres, mais c'est aux abords de Tijuana, à la frontière avec les Etats-Unis, que les événements se précipitent. Le camping où il a décidé de faire étape est dévasté par une tornade. Antonio, qui a perdu camping-car, argent et passeport, se retrouve en train de secourir un autre touriste agrippé à un palmier. L'inconnu, ô surprise, parle italien et propose à son sauveteur de le dépanner en lui donnant son propre passeport. Après quoi, le voilà qui disparaît sans autre forme d'explication.
    Commencent alors les tribulations d'Antonio à Tijuana, parmi les exclus qui hantent l'Avenida Revolucion et cherchent quotidiennement (et vainement le plus souvent) à franchir ce mur-frontière les séparant du pays des gringos.

  • J'aurai ta Pau

    Cesare Battisti

    « Recherché par la police pour avoir arrosé de fumier le golf du Rotary Club.. Trouve la mort dans un accident de la route. » Il y a de quoi chatouiller la curiosité du Poulpe. Car Maurice Stratos était non seulement le meneur des sans-logis éveillant l'estime générale au Pied de Porc à la Sainte-Scolasse, mais aussi l'irremplaçable adversaire aux échecs de Gabriel. Pau : ville carrefour entre la Méditerranée et l'océan, très proche su sanctuaire de Lourdes.Qu'est-ce qu'il foutait là-bas, Maurice ? Le poulpe aura bien du mal à retrouver ses repères dans l'ancienne capitale du Béarn, où depuis l'exemplaire épuration des SDF, la violence n'a plus de signataires.

  • La nouvelle année est souvent propice aux bonnes résolutions.
    On peut décider de changer de métier, de femme, de maison, mais on peut aussi décider de changer radicalement de vie en montant la casse du siècle que d'aucuns jugent impossible.
    Mais enfin, une nouvelle vie vaut bien quelques risques.

  • " Ecrire pour ne pas me perdre dans le brouillard des journées interminables, la tête enfouie sous un coussin, me répétant que ce n'est pas vrai. Que ce n'est pas moi, cet homme que les médias ont transformé en monstre puis réduit au silence des ombres. Qu'il ne peut s'agir que d'un personnage de roman, un de ces coriaces qui cherchent à s'imposer et détruire le récit qu'on est en train d'écrire. je leur ai couru trop souvent derrière au fil de mes livres pour ne pas les reconnaître. Et je sais qu'il n'est pas facile de les rattraper. je refais donc le chemin à l'envers, je me raconte. Tout cela ressemble à un journal intime. j'ai toujours eu horreur des journaux intimes. " Cesare Battisti. Cet " inquiétant, terrifiant mais passionnant récit " (Bernard-Henri Lévy) nous a été envoyé, comme une bouteille à la mer, par un homme en cavale accusé de plusieurs meurtres. Il en est qu'une telle accusation pourrait éloigner de ce livre. Mais s'ils l'ouvrent sans préjugés, ils sortiront pour le moins ébranlés de la lecture de ce document exceptionnel.

  • Avec la quête de l'identité, le racisme est le thème principal de cette histoire.

  • En Italie, dans les années 70, un jeune homme quitte le foyer familial pour rejoindre un mouvement gauchiste, rompant ainsi avec son père, lui-même enrôlé malgré lui dans la Résistance.
    Portant autant d'intérêt aux filles qu'au combat politique, il rencontre bientôt Silvana qui l'initie à l'amour. Mais, un jour, la jeune fille lui apprend qu'elle est enceinte avant de disparaître. La lutte touche à sa fin. C'est la fuite.
    Vient alors le temps des errances qui l'entraînent à Paris, où il doit affronter les difficultés d'un exilé politique sans statut.
    Vingt ans après, il apprend la mort de Silvana et décide de partir à la recherche de Nada, leur fille, elle aussi militante...

  • La brève cavale de Maurice Stratos. Le fameux militant des «sans-logis» a succombé à ses blessures, après la collision entre la R5 de Jean Pain Katumbay, mort sur le coup, et une dépanneuse... Les deux victimes, chacune à sa manière, se trouvaient impliquées dans deux affaires judiciaires qui ont récemment défrayé la chronique dans la ville de Pau.
    Maurice Stratos ? Le défenseur des SDF, mais aussi l'habitué du Pied de Porc à la Sainte-Scolasse et le partenaire du Poulpe aux échecs ?
    Evidemment, Gabriel Lecouvreur ne peut pas en rester là. Afin d'élucider cette mystérieuse affaire, il décide de se rendre à Pau.
    Dans cette petite ville d'apparence très calme, la loi du silence règne et notre enquêteur fait d'emblée figure d'intrus. L'énigme de la mort de Maurice Stratos commence à s'éclaircir lorsqu'il découvre que l'ancienne capitale du Béarn a été le lieu d'une véritable épuration des SDF.

  • Face au mur

    Cesare Battisti

    Un homme, assis dans la cour d'une prison, le visage tourné vers un coin de ciel bleu, suit des yeux l'étrange manège d'un petit oiseau blanc.
    Cet homme, c'est Auguste, le "gringo" comme l'appellent les autres détenus qui viennent régulièrement troubler son silence pour se confier à lui ; leurs récits, du Mato Grosso à Rio, de la forêt amazonienne à Brasilia, dépeignent un Brésil aussi moderne que traditionnel, aussi sentimental que violent. Auguste, lui, repense à l'histoire d'amour impossible qu'il a vécue à Rio avec Janaïna, jeune femme sublime qu'il soupçonnait de l'espionner, et même de chercher à l'empoisonner, pour le compte de la police.
    Mais il avait décidé de vivre cette histoire jusqu'au bout, quitte à y laisser sa peau. N'y-a-t-il pas des moments, dans une existence, où se sentir vivant dans les bras d'une femme vaut toutes les illusions ? Tout à la fois récit d'un amour noir et mélancolique et voyage intérieur d'un homme à la recherche de sa vérité, Face au mur nous fait découvrir un Battisti saisissant.

  • Elle est belle - peut-être sublime ; blonde - peut-être fausse ; et rusée.
    Elle les séduit, les tue et disparaît. en emportant leur virilité comme trophée. que veut cette meurtrière qui arpente les rues de la ville à la recherche de sa proie ? est-elle cette actrice à la célébrité encombrante, cette romancière au talent accablant ou une autre encore ? pour le psychiatre onno karo, l'heure n'est plus aux questions qui l'ont jadis lancé dans l'activisme révolutionnaire. aujourd'hui, il trouve des réponses.
    Presque toutes. alors que la police piétine, que l'étau se resserre autour de la suspecte, onno découvre que le confort et la justice ne valent pas de renoncer à son idéal. un roman résolument noir qui nous entraîne à la suite de personnages plus désespérés que jamais.

  • " Depuis longtemps, l'idée me titillait de réunir certains écrivains qui, même s'ils ne se sont rencontrés que sur les rayonnages d'une bibliothèque, ont en commun une vision moderne du livre en tant qu'outil éducatif universel.
    Des écrivains représentatifs d'un courant noir, international, que je me risquerai à qualifier de post-post-soixante-huitard. Leur écriture, tout en reprenant à son compte les antiques vertus narratives du discours oral, privilégie le côté événementiel du récit, jugé suffisamment riche de sens en soi pour se passer de tous ces commentaires à mi-chemin entre idéologie et psychologie auxquels nous ont accoutumés certains rescapés de la Révolution.
    " Cesare Battisti (extrait de la préface) Battisti annonce la couleur : du noir et des auteurs venus d'horizons divers, avec Didier Daeninckx et Olivier Douyère, les Espagnols Montalban et Martin, en passant par la plus française des Anglaises, Stéphanie Benson, l'Italien Nino Filasto, l'Américain Jerome Charyn et le Russe Viktor Pelevine. Ce qui les réunit, c'est une certaine conception de la littérature noire, qui se démarque de la fiction policière pour n'en garder que la coloration et le regard ironique posé sur un monde caractérisé par le cynisme, l'absurde et la perte des illusions.
    Ils ont en partage, chacun avec son style propre, une écriture métaphorique, dépourvue de considérations psychologiques, mais souvent teintée d'humour grinçant. Plus que des nouvelles, ils ont écrit des fables, preuve que le polar reste " la grande littérature morale de notre époque ".

  • Pour avoir descendu des passants à la Remington du haut d'un toit, le docteur Onno Karo, psychiatre renommé, est interné au "Centre", nouveau concept pénitentiaire dont les murs ont la transparence du cristal.
    Pour mieux éradiquer le Mal, on y privilégie l'absence d'intimité, ainsi que de "nouvelles" thérapies. Le docteur Renaissence, directeur de ce centre expérimental de psychopathologie criminelle, propose à Karo, en échange d'une éventuelle remise en liberté, d'analyser Mattia Aveiro. Mais Aveiro, le patient mystère du bloc H, meurtrier de seize femmes parvenues à leur cinquième mois de grossesse, doit détenir un secret d'importance pour que Renaissence en vienne à concevoir un tel marché...

  • Être parti pour ne pas revenir. Revenir à Rome, l'antique putain, après trente ans de cavale loin, après avoir cru à la lutte armée et l'avoir vécue un P .38 au poing. Partir pour crever ailleurs mais revenir armé pour retrouver le sang et les mouches sous ce soleil resté familier. Les souvenirs se sont effrités mais la nostalgie n'est jamais déconfite. À cinquante ans, Onno, malgré une condamnation à perpétuité, renoue avec d'anciens compagnons du combat révolutionnaire pour un règlement de compte. Rome ville éternelle pour les touristes, Rome ville piège et ville ultime pour les utopistes vaincus.

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