Le Cavalier Bleu

  • L'histoire du terrorisme, ancien comme contemporain, est empreinte de vengeances à l'origine de longs cycles de violence et de représailles. Loi du talion, prix du sang, humiliations, terrorisme d'État... la vengeance est partout présente, aussi bien dans les motivations des terroristes en justification de leurs actes que dans les réactions que leur violence provoque parmi leurs cibles.
    Pourtant, en tant qu'objet d'analyse, elle reste l'angle mort des études sur le terrorisme. « Radicalisation de l'islam », « islamisation de la radicalité », « nihilisme générationnel », contextes géopolitiques, ressentiments historiques... la vengeance reste en filigrane, comme si la mettre en exergue ou la reconnaître aux terroristes, comme ils s'en réclament, serait induire l'idée qu'une injustice a été perpétrée. Or, elle est une question centrale qu'il est essentiel de déchiffrer.

  • A l'instar du ninja et du samurai, le yakuza fait partie des figures imposées de la culture et de la société japonaise. Largement représenté dans la littérature et le cinéma, couvert de tatouages, phalange coupée, langage rude et violence soudaine, il fascine et interroge : comment cette structure archaïque et quasi-féodale peut-elle perdurer dans un Japon démocratique, industrialisé et technologique ?
    Pour comprendre et éviter le piège de l'essentialisation et du culturalisme, une comparaison avec d'autres pays, notamment la mafia née en Sicile, permet de dégager des éléments communs, mais aussi de mettre à jour la spécificité de la pègre japonaise : sa proximité avec l'extrême droite, dans l'idéologie comme dans l'action.
    S'appuyant sur un méticuleux travail de recherche et une analyse originale, Philippe Pelletier démontre ainsi comment les yakuza sont nés à un moment donné, en un lieu donné, en réponse à une demande politique qui interroge in fine sur deux éléments : la nature réelle de la démocratie japonaise et le rôle d'une figure tout aussi emblématique que le yakuza, celle de l'empereur.

  • Illustres en leur temps, nombre de femmes sont tombées dans l'oubli sans raison apparente. Comprendre les causes et les modalités de cette invisibilisation qui n'atteint jamais la notoriété masculine, telle est l'ambition de ce livre.
    À travers vingt portraits de femmes d'exception qu'il ramène à la vie, il questionne cette stratégie, toujours à l'oeuvre, et sa fonction dans la perpétuation des assignations de genre. Ainsi se révèle le détournement de la notion même d'exception, dès lors qu'elle est attribuée à « la femme » postulée des siècles durant faible, fragile, inapte à créer et à agir dans la sphère publique. L'ouvrage décèle trois modes d'évitement : l'exceptionnalité féminine pathologisée ; l'amputation mémorielle ; et enfin l'instrumentalisation pour renforcer la règle du genre.
    La raison première de cet oubli mémoriel reste assurément le refus de l'égalité entre les sexes.

  • Altermondialistes, zadistes, environnementalistes, anarcho-primitivistes... Anarchie et écologie semblent partager de nombreux points communs. Une même aspiration à un monde meilleur, plus proche de la nature, respectant les espèces vivantes et les paysages, fait de communautés solidaires et tolérantes. Une même détestation d'un monde dominé par l'argent, les guerres et la soif du pouvoir.
    Pourtant, les choses sont loin d'être aussi simples qu'il n'y paraît. Elles sont parfois même antagoniques si l'on considère, comme Philippe Pelletier en fait l'hypothèse dans cet ouvrage, que la finalité de l'injonction au « tous écologistes » n'est autre que de faire évoluer le système actuel vers un capitalisme vert, bien éloigné de l'idéal anarchiste...

  • Et si, pour reprendre un roman d'Alberto Torres Blandina, le Japon n'existait pas ? Une invention qui aurait marché, écho à ce lointain Cipango décrit par Marco Polo sans en avoir jamais foulé le sol !
    Cette farce littéraire traduit combien le Japon et les Japonais interrogent, depuis des années sinon des siècles... Le pays incarne et cristallise bien des choses, dépasse sa propre réalité pour générer fantasmes, idées reçues, utopies - paradis des hautes technologies, des manga, d'une nature sacralisée, d'un érotisme débridé -, ou dystopies, d'Hiroshima à Fukushima, des horreurs de la guerre aux tsunami, du groupisme et de l'entassement au conservatisme de la classe politique...
    Alors oui, le Japon a été inventé ! Mais par qui ? quand ? et pourquoi ? C'est a cette question que s'essaie à répondre Philippe Pelletier, en nous conviant à un voyage de plusieurs siècles au travers de l'histoire et de la culture japonaise.

  • L'Oiseau Roc est un être mythique, qui apparaît aussi bien dans des contes orientaux que dans des récits de voyage. L'Aepyornis est, lui, un oiseau bien réel, même s'il est aujourd'hui éteint, dont les oeufs énormes et les ossements non moins gigantesques furent découverts à Madagascar au xixe siècle.
    Au fil du temps, la créature de légende et l'oiseau éteint sujet d'études scientifiques fort sérieuses se sont trouvés entremêlés de façon si inextricable que l'on ne peut aujourd'hui retracer l'histoire de l'une sans celle de l'autre. Il existe sans doute peu d'exemples d'une telle interpénétration de la science et du mythe.
    Comment la créature mythique et l'oiseau disparu se sont trouvés réunis, au fil des siècles, en un concept paradoxal aux confins de la tradition, de la légende et de la science, c'est ce que ce livre veut tenter d'élucider.

  • Transformée, reconfigurée, espace d'épanouissement personnel, la famille reste en France aujourd'hui un refuge et une valeur de référence. Or, si la famille évolue, certains ne l'envisagent pas hors d'un modèle qu'ils considèrent universel, comme en atteste l'opposition virulente qui s'est manifestée à l'occasion du PACS, puis du mariage pour tous et, aujourd'hui, de la révision des lois de bioéthique et de l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Cette nouvelle révision permet de saisir l'évolution des représentations de la famille et invite à penser le pluralisme familial. Comment alors se définit-il ? Comment se sont organisées les discussions autour de cette révision et quels sont les acteurs qui y ont participé ? La mobilisation des religions, notamment catholique, témoigne de leur volonté de faire valoir leurs normes familiales, fondées sur un ordre naturel. Mais qui a vocation à dire les normes familiales ? Que signifie faire famille aujourd'hui ?
    Ce sont ces questions auxquelles cet ouvrage tente de répondre à partir, notamment, d'une enquête ethnographique menée à l'occasion des États généraux de la bioéthique de 2018.

  • Créatures de films, BD, comics..., les univers fictionnels passionnent et regorgent d'espèces imaginaires qui empruntent leurs caractéristiques fantastiques aux espèces bien réelles.
    Cet ouvrage rassemble 10 figures emblématiques de la culture geek, richement illustrées à la manière des planches anatomiques d'antan. Il en analyse les spécificités avec la méthode scientifique, en s'appuyant sur les apports des sciences naturelles. On découvre, dans leurs anatomies, habitudes, environnements, un bestiaire riche d'enseignements, permettant d'éveiller notre curiosité et de forger de façon ludique notre sens critique.
    De Chewbacca à Totoro, en passant par Spider-Man ou le Marsupilami, mélangeant les genres et les époques, chacun retrouve ses personnages favoris. Une véritable invitation à découvrir la science autrement !

  • Les figures trans sont partout. Dans les clips, la mode, les séries, les faits divers...
    Pourtant, cette visibilité ne s'accompagne pas toujours d'une plus grande accepta- tion. Tour à tour caricaturé, psychiatrisé, dans le meilleur des cas ignoré, dans le pire rejeté, le fait transidentitaire pose problème. A l'image de l'homosexualité, les peurs et les tabous demeurent.

    C'est sur la base de ce constat que ce livre propose un bilan des savoirs sur « les » questions trans, en insistant aussi sur les différents fronts, de l'espace médical à l'espace social, en passant par les arènes juridiques et scientifiques. Laissant de côté la question du « pourquoi » (« pourquoi est-on trans ? » ou « pourquoi le devient- on ? », l'auteur s'intéresse à la question du « comment », c'est-à-dire des logiques sociales à l'oeuvre dans les controverses transidentitaires.

  • Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les tsiganes ont laissé de nombreusees traces de leur présence au cours de l'histoire.

    Grâce à un long travail de recherche dans les archives françaises et européennes, les auteurs nous permettent de découvrir de multiples pans du passé lointain et proche des tisganes.

    Ouvrage érudit qui rassemble des archives pour la plupart inédites.

  • Poisson mythique venu du fond des temps, le coelacanthe a longtemps figuré au rang des fossiles avant qu'en 1938 et sa « pêche » par la Sud-Africaine Latimer, il ne passe au rang des « fossiles-vivants ».
    Témoin du passage de la vie aquatique à la vie terrestre avec ses nageoires embryon de pattes et un poumon calcifié, le coelacanthe alimente les fantasmes des scientifi- ques qui le croyaient disparu depuis des lustres.
    C'est l'histoire de ce poisson, plus vieux que les dinosaures, que nous raconte Lionel Cavin, avec force détail et anecdotes sur les circonstances de sa découvertes, les riva- lités entre scientifiques qu'il a suscitées et, triste rançon de sa gloire, une surpêche qui le menace désormais d'extinction, lui qui a traversé des milliers d'années !

  • Istanbul, mégapole tentaculaire, offre un concentré des enjeux urbains contemporains et des contradictions turques actuelles. Conquêtes, intrigues politiques ou religieuses, tremblements de terre et incendies ont successivement balayé celle qui fut capitale de l'Empire ottoman. La métropole d'aujourd'hui 16 millions d'habitants est remodelée, à une immense échelle, par les soubresauts du capitalisme ainsi que par les gigantesques ambitions d'Erdogan dans le cadre de son « Objectif 2023 ». La croissance de l'agglomération a été fulgurante au cours des dernières décennies. Elle recouvre le palimpseste des strates passées, notamment byzantines, détruisant au passage une partie de ses magnifiques aménités.
    A travers un panorama des franges urbaines de la mégapole du Bosphore, ce livre emmène le lecteur hors des sentiers battus et des clichés. Assez méconnus, ces espaces en transition constituent un révélateur de l'intensité et de l'étendue des recompositions inégalitaires à l'oeuvre. Les arpenter à pied permet de prendre la mesure de... leur démesure. L'ensemble de ces traversées urbaines pédestres esquisse une radioscopie de cette fantasmagorie urbaine (à jamais) inachevée.

  • Si le naturaliste est celui qui « étudie les productions de la nature » (Littré), force est de constater qu'il y a bien des façons de le faire !
    De l'activité paisible du curé de campagne aux périlleuses aventures des naturalistes voyageurs, nous croisons au fil de ces pages des personnages pour le moins divers.
    Aux côtés de scientifiques professionnels, figurent un chevalier français, un baron slovène, une marquise britannique, un exilé protestant, un président des États-Unis...
    Eric Buffetaut nous montre qu'à l'infinie variété de la nature répond ainsi la multipli- cité des approches utilisées pour tenter de la comprendre et la diversité de ces gens, sans doute un peu particuliers, que sont les naturalistes.

  • Le velcro, l'ouverture des cannettes de soda, le Shinkansen (TGV japonais), l'architec- ture de la Tour Eiffel, le stade olympique de Pékin, et de nombreux autres exemples encore témoignent de la source d'inspiration qu'est la nature pour les ingénieurs, les médecins, les architectes, et autres chercheurs.
    En effet, c'est en scrutant le vivant, les plantes et les animaux, que l'homme a trouvé, trouve et trouvera des solutions à nombre de ses problèmes.
    Plus qu'une simple « copie », le biomimétisme traduit une attention, une attitude observatrice et non dominatrice de la nature, pour reproduire de façon optimale certains dispositifs qu'elle a mis en place et les adapter à l'humain.
    Cet ouvrage fourmille d'exemples détaillés dans un style accessible et ludique, pour que nous ne regardions plus la nature comme avant.

  • Élisée Reclus, Albert Camus, l'Algérie : deux personnages, une contrée, une convergence évidente. Une philosophie, une esthétique et une éthique rapprochent Reclus et Camus. Et pourtant, ils sont rarement évoqués ensemble.
    Malgré le demi-siècle qui les sépare, malgré les différences de métier, de contexte ou de caractère, ils partagent de nombreux points communs : une exigence éthique entée sur des convictions libertaires, une démarche intellectuelle, et bien sûr, une même passion pour l'Algérie. Véritable fil rouge, qui passe d'abord par un attachement familial, l'Algérie articule en effet intimement une même approche du monde.

  • Espace public, espace d'expression, espace commercial, espace de fête, de socialisation, mais aussi de rejet et de violence... la rue est tout cela à la fois.

    Pour analyser ces multiples facettes, 5 auteurs aux domaines de recherche très différents (histoire de l'art, géo- graphie, socilogie, économie, etc.), traitent de sujets aussi divers que le street art, la désertification des cen- tre-villes, la publicité, le design du mobilier urbain, la redéfinition de l'espace public, la « rue » des centres commerciaux, etc.

    Fourmillant d'exemples pris en France mais aussi aux quatre coins du monde, cette réflexion sur la rue vous la donnera à voir comme vous ne l'avez probablement jamais perçue, dans toute sa richesse et sa variété.

  • Pourquoi s'intéresser au Liberia, ce pays d'Afrique de taille modeste, faiblement peuplé et recouvert en majorité par la forêt tropicale ? C'est que son histoire est tout à fait singulière et riche d'enseignements. Colonie créée en 1822 par une société philanthropique américaine pour accueillir des esclaves libérés, le Liberia devenu pays indépendant a été accusé par la suite d'avoir lui-même recours à l'esclavage et a atteint la fin du vingtième siècle anéanti par plus de 20 ans de guerres civiles et de massacres. Au-delà de l'exposé des faits qui ont déterminé cette trajectoire dramatique, l'auteur tente de tracer un fil rouge au milieu des présentations parfois contradictoires de la littérature existante fondée souvent sur des approches partisanes, confessionnelles ou idéologiques.
    Elargissant le champ de ces investigations, ce livre cherche également à expliquer comment un pays né sous d'aussi bons auspices a-t-il pu échouer de façon aussi radicale, d'une part, à quels enjeux il est confronté dans sa reconstruction, d'autre part. Des questions qui intéressent notamment les politologues et les spécialistes du développement.

  • Les îles Gotô appartiennent, dans la classification administrative japonaise, aux « îles éloignées »... tout un programme en soi ! Situées à l'extrémité occidentale du Japon, elles furent le haut lieu du martyrologue des chrétiens japonais au XVIIe siècle, et également l'un des principaux points de départ pour la chasse à la baleine, avant de subir le choc de l'exode rural et de la désertification.
    Les Gotô incarnent la dualité de cette Japonésie chère à l'auteur, entre ouverture et fermeture, avant-poste et arrière-garde, particularisme et universalité.
    Profondément marqué par ce tour des Gotô, Philippe Pelletier nous livre ici un récit de voyage vivant, érudit, parfois drôle, souvent émouvant. Chemin faisant, au fil des jours et des rencontres, nous apprenons une foultitude de chose sur ce petit archipel et, plus largement, sur la culture et la société japonaise dans son ensemble.
    Un livre pour les inconditionnels du Japon, mais aussi, tout simplement, le lecteur curieux. De la même veine que Danube de Claudio Magris.

  • Tendance lourde des dernières années, la progression de l'extrême droite se nourrit de la montée du chômage, des exclusions et de la précarité.
    Le FN est aujourd'hui en position de prendre le pouvoir par les urnes.
    La faillite des politiques économiques et sociales menées depuis plusieurs années ayant certainement joué un rôle majeur, les économistes ont une responsabilité particulière dans le combat d'idées contre le FN.
    L'objectif que s'assignent les auteurs dans cet ouvrage est donc, sur chacune des thématiques du programme du FN (immigration, euro/Europe, mondialisation, emploi, santé, éducation, environnement, etc.), de dresser un constat, d'en faire la critique et de soumettre des contre-propositions.
    Car le combat contre l'extrême-droite ne peut être uniquement un combat moral. Il est indispensable de contre-attaquer avec un ensemble de propositions susceptibles de convaincre les populations oubliées qui se sont tournées vers le FN.

  • Licornes, dents de dragon, serpents pétrifiés... les fossiles ont fait l'objet d'interprétations et de croyances extrêmement diverses en fonction des objets concernés et des endroits où on les trouve. Les légendes et les superstitions qui en découlent prêtent souvent à sourire aujourd'hui, mais elles n'en témoignent pas moins de l'intérêt que ces fossiles ont suscité au cours des siècles.

    Le but de cet ouvrage, au travers d'exemples significatifs, est d'illustrer la diversité de ces croyances et d'en dégager les grandes thématiques (Déluge biblique, pharmacopée, etc.), sans oublier que ces histoires ont aussi la saveur des contes populaires.

  • Les Africains voyagent depuis longtemps, pour de multiples raisons, variables selon les époques, les lieux et les dynamiques sociales. D'une région à l'autre, d'un pays à l'autre, parfois d'un bout à l'autre du continent, des hommes, et des femmes, plus visibles récemment, s'engagent sur les longues routes qui sillonnent l'Afrique. Si les historiens et les anthropologues ont pu reconstituer les trajectoires multiples prises au cours des siècles, peu se sont intéressés aux paroles que ces cheminements ont entraînées alors qu'elles s'inscrivent dans le quotidien des femmes et des hommes qui vivent directement ou indirectement la migration.
    Alors qu'il fait partie intrinsèque des pratiques sociales contemporaines, le voyage suscite de multiples discours et récits qui circulent entre ceux qui partent, ceux qui restent et ceux ne pourront jamais partir. Il donne naissance à de multiples mots renvoyant aux parcours, à la vie au loin ou au chemin. Ce sont ces mots que décryptent et qu'illustrent ici Cécile Canut et Elsa Ramos, au travers de ce carnet de voyage vivant et insolite.
    Ouvrage réalisé en partenariat avec l'Université Paris Descartes.

  • Le bouddhisme passe généralement pour une religion tolérante. Les figures médiatiques du Dalaï-lama et du moine vietnamien Thich Nath Hanh, évoquent dans les esprits une doctrine pacifique, qui a fait de la compassion son idéal. Il est vrai que le bouddhisme passe pour l'enfant sage de la famille des grandes religions. Chez lui, point de croisades ou de guerres saintes. Pourtant, des moines de Shaolin aux Tigres tamouls, les contre-exemples ne manquent pas. Et, précisément parce que les bouddhistes ont fait de la non-violence leur marque déposée, le rapport compliqué (et parfois ambigu) de cette religion à la violence pose question. Loin du bouddhisme véhiculé par le dogme de la compassion bien-pensante, Bernard Faure livre dans cet ouvrage une fine analyse d'une tradition vivante, faite de contradictions et d'ambiguïtés.

  • L'auteur : Sylvain Allemand est journaliste. Il collabore à Alternatives économiques et Libération. Auteur, aux éditions Cavalier Bleu, de La Mondialisation et Siffler en travaillant, il est également l'auteur du Développement durable aux éditions Autrement.

    Le livre : Malgré ses vingt ans d'existence, malgré les politiques et initiatives mises en oeuvre en son nom, malgré les enseignements dont elle fait l'objet, la notion de développement durable continue à être méconnue ou à susciter le scepticisme. Il est vrai que l'expression n'est pas heureuse. Abstraite, elle confine aussi au paradoxe : là où le "développement" suggère un mouvement, "durable" évoque la fixité. Cet ouvrage se propose de rappeler les raisons de l'émergence de ce développement durable et ses principes. Il se propose aussi de revenir sur la multitude d'outils, d'initiatives et d'innovations rangées sous le vocable de développement durable, dans le domaine de l'habitat, des transports, de la consommation, du tourisme, du commerce, de la finance, etc., montrant à cette occasion les limites ou effets contradictoires voire pervers de certains de ces outils ou initiatives. Ainsi, la notion de développement a progressivement été déclinée en une multitude de pratiques ou d'approches sectorielles (on parle aujourd'hui d'habitat durable, de mobilité durable, de consommation durable, de tourisme durable...) Ces approches mettent en avant la durabilité, délaissant la notion de développement, au point que l'on peut se demander si le développement durable n'est pas un concept transitoire ayant pour fonction de faire passer insensiblement les sociétés du développement à la durabilité oe

  • Bien que très anciennes entre pays africains, les multiples formes de migrations transafricaines restent peu connues du public. Elles font pourtant l'objet de récits très nombreux, qui irriguent les productions artistiques (musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques...), locales ou supra-nationales, depuis fort longtemps.
    Focalisant leurs analyses sur différents types de récits, les auteurs rendent compte, à travers les processus de mises en scène, de mises en mots et en images, des visions multiformes du voyage ouest-africain, en envisageant ses conséquences pour les sociétés et les individus, et ses effets dans les imaginaires. Qu'elle soit présentée de manière positive ou négative, la migration demeure, aujourd'hui comme hier, un enjeu crucial dans la vie et le débat public des sociétés d'Afrique de l'Ouest.

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